Publié par Longueur d'Ondes

Janice in the Noise : poupée de son

Supergroupe ? Le casting y ressemble : bassiste de Keziah Jones, guitariste de NTM, batteur de Beat Assaillant et choriste de FFF / Saïan Supa Crew… Pas étonnant que l’équipée rock possède un appétit féroce pour le live.

Toujours pas convaincu ? Prenons le cv de la chanteuse éponyme : des origines italo-guadeloupéo-anglaises, des débuts en tant que soprano gospel, plus de 400 dates au compteur (aux côtés de Camille Bazbaz, Phoenix, Dj Medhi et Sinclair - la plupart hors de France) ou encore des premières parties de St Lô, George Benson et Melody Gardot... Il y a tout de même de quoi piquer l’intérêt du badaud.
Des faux-départs ? La Parisienne en a connu deux : un groupe abstract-soul, il y a 15 ans ; un autre électro-hard 5 ans plus tard. Avant de trouver la bonne formule, mélangeant attitude glam et son rock. Pourtant, la chanteuse avoue « avoir arrêté d’en écouter ». Pas par dégoût, mais envie de « se supprimer les œillères et s’affranchir des références ». Précisant : « Au fond, je n'ai pas la gueule de l’emploi, mais malgré mes vêtements plus connotés r’n’b, ma vie est vraiment rock'n'roll ! ».

Justement, lorsque l’on pointe aussi un physique en décalage avec son âge (avec un tel parcours, cela paraissait évident…), Janice précise qu’elle « ne le donne jamais ». Non par coquetterie féminine, mais pour déminer les éventuels aprioris. « C’est important de juger un premier projet de façon neutre. Dès lors que tu as de la bouteille, on trouve le résultat étonnamment normal… Et puis, on peut être une femme-enfant à 12 ans comme à 40. Tout est question de spontanéité. Et, en l’occurrence, je n’en manque pas ! »
Certains la comparent à Samaha Sam (Shaka Ponk) ou Skin (Skunk Anansie) pour ses mimiques, ses envolées ou sa facilité à alterner sets acoustiques en showcase et concerts rock sous tension. Elle, en passionnée de hip-hop, préfère s’imaginer une filiation avec l’Américaine Santigold : « Une habituée de l’image et une proposition artistique qui, comme moi, se développe sur plusieurs volets et plusieurs styles ». Et dont ce premier album en est la pierre inaugurale, dans son versant rock. Rappelant que la volonté initiale était tout de même un « power trio avec un groove urbain ».

Pour autant, Janice, qui préfère « l’énergie à la colère ou la mièvrerie », dénonce les discriminations « de la façon dont elles pourront être le mieux comprises : sur un mode simple et direct ». En témoigne le titre Beautifuly Dangerous, évoquant avec une fausse légèreté les dangers d’une starification précoce. Comme un rappel à l’ordre puisé dans son vécu. Une leçon retenue et digérée qui permet de mieux se raconter. Car c’est bien de la misogynie, du statut de minorités ethniques ou du sentiment de rejet social que naissent ses textes.

Rien ne sert de courir : il faut partir à point ? L’évidence crève les yeux. Ou comment une fable du 17e siècle donne aujourd’hui raison à Janice.

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