Publié par Longueur d'Ondes

Bureau Export / Francophonie diffusion :  « L’occasion d’un lobbying culturel »

Créé en 1993 et fusionné depuis 2014 avec Francophonie diffusion, le Bureau Export accompagne le développement d’artistes français à l’international. Rencontre avec Fabrice Rebois, directeur général, et Sergio Marigomez, chargé des relations avec les producteurs.

« Avec la plateforme Francodiff nous offrons un soutien à la tournée et de l’aide à la promotion. Pour cela, nous pouvons notamment compter sur un réseau de 700 radios et des partenariats internationaux. Nous sommes présents sur les 5 continents dans des pays au niveau de développement chaque fois différent, comme par exemple l’Inde, où les droits d’auteurs débutent à peine. Nous favorisons également le placement d’artistes dans des publicités (ex. : l’iPhone 6), des films ou des séries, permettant ainsi à la musique française de faire le tour du monde.
L’espace francophone ? C’est avant tout un réseau, l’occasion d’un lobbying culturel. Nous avons un lien profond avec les diffuseurs radios : nous ne spammons pas et opérons une sélection qualitative. Et puis, nous faisons des échanges. Imaginez : pour les Québécois, c’est une chance d’être diffusé chez nous, hors de leur village gaulois entouré d’Américains.
Notre particularité ? En France, nous sommes précurseurs pour adapter les styles musicaux. Nous avons des vraies scènes locales (électro, reggae…), des milieux structurés et professionnels. Autre singularité : notre appétence pour le rédactionnel, notre appétit encyclopédique et notre lien permanent avec l’Histoire.

À l’export, il y a un plus gros accueil sur la chanson. Et, généralement, quand un Français a du succès, il va en Suisse et en Belgique (ensuite, seulement, le Québec). Mais parfois, il y a quelques surprises : succès de Stromae au Coachella festival (Californie), Patricia Kaas en Russie, Alizée dans les charts mexicains (devant Avril Lavigne et Britney Spears), Indila en Turquie… Pourquoi Daft Punk ne fait pas partie de nos classements ? Parce qu’ils sont signés sur un label américain. L’un de nos plus gros vendeurs de l’année est donc… un belge (Stromae), vendu en France. Doit-on considérer que sa tournée en Belgique est de l’export ? Heureusement oui, car cela fait revenir en France des flux financiers et soutient les 240 000 emplois de la filière…
Il faut lire le rapport Attali sur la francophonie : il met en évidence le fait que le secteur musical est l’un des domaines les moins aidés, alors que nous avons l’un des cinémas les plus subventionnés du monde et que la musique est économiquement bien plus importante... Les pays nord-européens ont musclé leur dispositif depuis quelques années, notamment parce qu’ils sont condamnés à l’export. À nous également de rebooster l’export de la musique française. En 2014, 58% du chiffre d’affaires, généré par la musique française en dehors de nos frontières, proviennent du digital. Nous venons donc de lancer un digitank pour rassembler les meilleurs spécialistes français de la distribution digitale, afin de favoriser les meilleures pratiques dans la filière.

La France occupe logiquement une place importante dans la francophonie (parts de marché, Histoire…). On constate une volonté commune, mais malheureusement peu suivie d’actions, faute de moyens. L’Afrique et son économie en fort développement s’ouvrent au marché. Nous avons une histoire commune et la francophonie en est le cœur battant. Continuons donc à être innovants ! »