Publié par Longueur d'Ondes

Hélène David & la francophonie :  « Un militantisme de survie »

Ringard le français ? Pas si l’on en croit les statistiques, annonçant qu’une personne sur 13 dans le monde le parlera en 2020… Sauf que, dans les 80 pays où on le pratique, les enjeux sont chaque fois différents. Et pour vous, la francophonie, c’est quoi ?


QUEBEC
Hélène David, ministre de la Culture, de la Protection et de Promotion de la langue française
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« Nous fêtons cette année les 10 ans du plan de sauvegarde des œuvres culturelles francophones. Cette thématique a toujours été une motivation politique, ne serait-ce que par rapport à notre histoire : le Québec est une ancienne colonie française dans un Canada, lui-même ancienne colonie anglaise. Or, le Québec a une importance fondamentale dans la création canadienne. Il s’agit donc d’un militantisme de survie et d’une fierté.
Aujourd’hui, nous sommes 8 millions de locuteurs. Face au géant anglophone, il nous faut adopter une position réaliste et nationaliste. Le français n’est pas un patois local ! Il faut le protéger, pas le dialectiser. A nous, francophones, de prouver notre force économique en réalisant une révolution tranquille. L’anglais et le mandarin n’empêchent pas notre langue de vivre, ni de redevenir une langue d’affaires.
Nous avons créé un dictionnaire de traduction pour en finir avec les anglicismes. Cela vous fait parfois rire, mais il y aurait avantage à ce qu’il soit reproduit en France. Si un mot existe en anglais, il peut aussi l’être en français...
Faisons également en sorte que notre culture soit véhiculée à travers le monde. La seule différence avec vous, c’est que, pour y parvenir, nous faisons davantage appel à des fonds et au mécénat. Le but est de rayonner, de créer de la richesse et de l’éducation. Si l’air du temps est désormais au bilinguisme (surtout chez nous), faisons en sorte que l’une des langues soit le français. Gardons-la comme langue d’affichage et pour le travail.
C’est pour cette raison que nous aidons les différents acteurs culturels à se remettre au niveau technologique.
Et, oui, nous pouvons influencer le reste du Canada, car nous votons et sommes une des plus importantes provinces. Les francophones hors Québec ont besoin de nous et inversement. C’est une grosse responsabilité. Et c’est finalement sur ce sujet que nos partis politiques s’entendent le plus. »