Publié par Longueur d'Ondes

Gilles Lejamble & la francophonie : « Un marqueur social »

Et pour vous, la francophonie, c'est quoi ?


MADAGASCAR
Gilles Lejamble, président de Libertalia Records

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« Nous avons quatre langues officielles : le malgache, le français, l’anglais et… la langue de bois ! Celle qui domine reste le malgache. Sauf que, en plus de ses variantes régionales, il est souvent mal parlé. Le français reste donc un marqueur social.
Jusqu’en 1960, date de fin de la colonisation française, tout le monde était francophone en ville. C’est moins le cas depuis, mais nous n’avons pas plus d’anglophones. En 75, tout l’enseignement a été bouleversé : l’Etat a souhaité une « malgachisation » des institutions. Les cours ont donc été donnés en malgache et nous avons, autre exemple, changé le nom des rues. C’est tout un héritage qui s’effaçait. D’autant que nous sommes aussi bon en français que vous l’êtes en anglais… C’est dire !
Nous ne profitons pas de la francophonie, car l’extérieur de l’île n’existe pas pour nous. L’ouverture des frontières ou des mentalités n’est pas dans l’intérêt de nos politiques. L’espoir d’en finir avec notre système corrompu ne vient pas de la langue, mais bien d’une révolution interne. Avant la démocratie, ce que nous souhaitons le plus, c’est le développement économique. Se battre pour la démocratie est hypocrite : l’Europe ne s’est elle-même pas développée ainsi… Et donner le droit de vote à un analphabète ne change rien et créerait des inégalités supplémentaires. Non, c’est le développement économique qui impose la démocratie.
Une fois l’éducation rétablie, nous pourrons nous concentrer sur ce type d’approche. »

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