Publié par Longueur d'Ondes

ZENZILE : Élémentaire, mon cher

Depuis bientôt 20 ans, ces Angevins brouillent points cardinaux et lignes de fuite, en confrontant dub, post-punk, psyché et pop. Une aventure humaine qui leur permet, à travers ce dixième album, d’ouvrir de nouvelles voix.


On a toujours eu du mal à vous attribuer une nationalité…

C’est vrai que nos débuts étaient influencés par les sons de la Jamaïque, que l’électro fut le fil rouge de notre formule en sound system et que nous nous sommes essayés à du post-rock à mi-parcours... Mais ce n’était pas un calcul ! Seulement le résultat d’un amour pour plusieurs styles… Reste, un jour, à trouver la bonne idée pour intégrer des paroles en Français.

Vous avez enregistré dans des conditions live ?
Nous avons mis 1 an ½ à préparer cet album avec, à l’arrivée, une quinzaine de morceaux… Puis, une semaine d’enregistrement et une autre pour le mixage. Dès le début, on était déjà sur une optique musique/vidéo, dans le prolongement d’une résidence réalisée au théâtre d’Angers. Nous n’avons donc pas composé dans le but d’un album, mais d’un live dont le disque en serait issu…

Avec quel fil rouge ?
Nous éprouvions le besoin de rappeler d’où on venait et interroger la place de l’Homme à notre manière : de façon poétique. C’est l’actualité autant que les errements de la nouvelle génération qui ont guidé cette thématique. Pour autant, on ne voulait pas que cela passe pour un acte militant. Bien sûr, nous sommes des citoyens engagés, mais en tant qu’artistes, l’écriture collégiale impose un consensus.

La forme l’emporte donc sur le contenu ?
Nous voulons surtout défendre nos émotions à travers la musique. Montrer que nous prenons plaisir. C’est une aventure humaine, la recherche d’une alchimie… Même si, effectivement, c’est aussi une posture philosophique ! On veut prouver en tout cas que, dans un monde de plus en plus individuel, le collectif peut exister.

Pourquoi est-ce aussi important ?
On n’est pas dans un mode communautaire, mais nous sommes tout de même une tribu. L’ingé son, le management… Une petite famille que l’on essaie de préserver. L’essentiel est de continuer pour les bonnes raisons, et non pour empiler un nouvel album sur la collection. Ce devrait toujours être un plaisir égoïste, plutôt qu’une nécessité mercantile.

Vous croyez encore au disque ?
Il est de plus en plus difficile d’en vivre et le public découvre effectivement la musique à travers des morceaux isolés... Nous n’avons pas de souci avec ça ! Nous essayons malgré tout de continuer à proposer des pièces musicales… Et puis, nous ne composons jamais dans la recherche du single absolu. C’est plus sain. C’est au morceau lui-même, au regard de l’ensemble, de crier qu’il en est un.

Comment intégrer ces nouveaux morceaux dans votre set ?
85% du set provient du nouveau répertoire.
Évidemment, on puisera dans les anciens titres les plus énergiques. L’occasion, d’ailleurs, de reprendre des morceaux que nous ne jouions plus ! Sur scène, tout est envoyé en temps réel. On ne fonctionne pas à l’horloge… Si le besoin se fait ressentir de s’adapter en étirant ou en raccourcissant, il n’y a aucun frein.

Nouveauté : deux membres (Vincent et Matthieu) chantent, accompagnés d’une petite nouvelle… (Zakia)

Être chanteur et chanter, ça n’est pas pareil, mais finalement ça nous a plu et c’était cohérent avec notre évolution... Nous n’avons pourtant jamais recherché ce statut ! Le résultat est peut-être clivant, mais pour un disque qui devait être instrumental, on est assez fiers du résultat… Le reste appartient désormais au public. Là encore, on ne devrait jamais oublier que la musique, ce n’est pas de la compétition : c’est une proposition.


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