Publié par Longueur d'Ondes

AU BAL DES ENRAGÉS. Ohé ohé.

Formé tous les trois ans depuis 2010, le supergroupe – entre all stars game et fête potache du lycée – réunit la crème du rock et punk indé français. De quoi offrir une dimension historique à un set pourtant basé… sur des reprises.


Tagada Jones, Parabellum, AqME, Black Bomb A, Lofofora, Loudblast, Punish Yourself, No One Is Innocent, La Phaze… Tous (ou certains de leurs membres, en tout cas) ont fait partie de la troupe. Réunion d’anciens combattants ? La photo de famille a pourtant de la gueule ! Et l’expérience plus que suffisante. Ou comment un coup d’un soir se transforme en joyeux colonie de vacances du rock…
Niko Jones raconte : « En 2008, le festival du Pont du rock essuie une annulation, à la suite d’intempéries... Les orgas sont contraints de se séparer d’un salarié. L’année suivante, on nous propose donc une carte blanche… Le festival a certes une fondation alternative, mais est aussi orienté familles. On a donc proposé ce que nous avions essayé en 2007 pour notre 1 000e concert : 1h de Tagada Jones, suivi d’1h de reprises sur l’histoire de ce festival. On a lancé des invitations à tous les potes (et pas forcément de Rage Tour !) et il se trouve que, cet été-là, tout le monde était disponible… »
L’idée, pourtant bénigne, fait mouche ! Au-delà de prendre plaisir à jouer ensemble, le set (composé de standards des Ramones, The Stooges, The Clash, Rage Against The Machine, Sick Of It All…) fait office de madeleine de Proust pour les uns et de cours accéléré pour les autres. « Nous n’avions répété que la veille », se souvient hilare le chef de bande. « C’était un peu chaotique, mais il y a eu – je pense – une sincérité communicative. D’autant que le Bal des Enragés n’est pas un simple cover band : on change de musiciens à chaque morceau ! »
L’histoire, sans réel calcul, prendra forme progressivement... « C’est surtout l’énergie qui a fait que le truc a pris son envol. Ce devait être un one shot et c’est tout ! » Dès 2010, la troupe décide une tournée tous les 3 ans, avec près de 3h de répertoire en poche et « un nombre incroyable d’extinction de voix ». 
Mais c’est surtout sur la longueur que la troupe a mesuré les bénéfices de cette réunion de familles : « Ça nous a beaucoup soudé et permis de passer du temps ensemble quand, parfois, on ne faisait que se croiser sur la route... Et puis, il n’y a pas de compétition entre nous ! On joue chacun avec nos atouts. C’est comme un ultra-trail avec différentes disciplines… Mais surtout, au-delà de réhabiliter tout un patrimoine rock, on s’est rapidement rendu compte que jouer les morceaux des autres nous donnait de nouvelles idées pour les compositions. » Qui a dit que l’union ne faisait pas la force ?

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