Publié par Croque-Madame

 

Si de l’extérieur l’activité a tout d’une milice fanatique et virile ayant dépassé le stade des cowboys et des indiens, la réalité en est tout autre. Oui, ça sent la testostérone et ça joue à la guerre fagoté comme une botte d’asperges… Mais, il y a aussi derrière ce nouveau sport à la mode une tradition historique, esthétique et sous-estimée.


Hein ?
L’Airsoft désigne un jeu opposant deux équipes par le biais d’authentiques répliques d’armes militaires. Les scénarii les plus utilisés sont la captu
re d’un drapeau, la chasse à l’homme (deathmatch) et la défense d’une base ou d’un VIP. Et les projectiles ne contenant pas de peinture, le jeu repose sur le fair play des participants. A première vue, l’affaire ressemble sacrément au Paintball : « Pan ! Pan ! T’es mort… » Et bien non !
L’Airsoft possède des armes moins puissantes et plus réalistes. Ici, l’éthique et la reconstitution priment. Les tenues vestimentaires sont beaucoup plus proches du camouflage. Quant au sport, il se pratique sur des terrains privés ou abandonnés avec une majorité largement masculine.
 
Pourquoi ?
Ce que l’on sait moins, justement, c’est que l’Airsoft est né à la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Les civils japonais se voient à l’époque interdire la possession d’armes à feu et notamment chez eux (armes de collection comprises). Contradiction : la neutralisation coûte 5 fois plus cher que le prix d’achat, augmentant les côtes de ces modèles. A la fin des années 60, les collectionneurs se rabattent donc sur des modèles plastiques ou en résines. Les Wargames (ou Survival Game) suivent ainsi la mouvance et donnent naissance à l’Airsoft. Un sport en guise de cours d’Histoire et de défouloir collectif.
 
Car il n’y a pas que les armes qui font preuve de réalisme. Certaines parties reproduisent fidèlement des batailles historiques avec costumes et équipements adéquates, pourvu que l’on efface tout insigne nazi et autre cigle douteux. De plus, l’utilisation d’uniformes de l’administration française est interdite (gendarmes, police nationale). Enfin, tout membre ne respectant pas les règles ou ne faisant pas preuve de prise de recul se voit aussitôt exclure.
 
L’Airsoft est donc plus qu’une simple transposition dans la vie réelle des jeux vidéo de « tir subjectif multijoueur en ligne », du type Counterstrike. Le sport a su ainsi prouver que les exercices paramilitaires ne sont pas tous dénués de réflexion et de sens moral. De là à s’engager ? Hum… Faire preuve de sens moral, disions-nous ?


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