Publié par FJM Publications

Il n’y a pas de doute, en matière d’égalité des sexes, des avancées considérables ont été opérées ces dernières décades. Il était plus que temps de rattraper notre honteux retard dans la conscience collective : publicités, monde du travail, mode de vie familiale. Mais si quelques batailles ont été effectivement gagnées, notamment sur certains aspects juridiques, la lutte n’est pas achevée pour autant. On oublie trop peu souvent que le sexisme est une forme de racisme au même titre que l’homophobie. La politique est hélas, l’un des bastions inébranlables des préjugés. Eléments nouveaux : les hommes rejoignent les mouvements féministes pour, non pas donner le pouvoir aux femmes, mais rétablir l’équilibre. Pour que enfin, le machisme soit la seule espèce animale dont nous pourrions nous satisfaire de sa disparition. Petit exposition des derniers faits marquants de l’actualité.

Confusion des débats
Les sociologues dressent un nouveau portrait de la femme actuelle dont le principal trait est l’autonomie. La gente féminin s’est donc affirmée dans son rôle social, estimant à 76% qu’il subsiste des inégalités, mais sur le plan personnel seulement 40% d’entres elles sont contentes de leur physique. Plutôt féminine que féministe, la Française est en retard sur la plupart de ses homologues étrangers en matière d’accès au pouvoir financier, économique, militaire et bien sûr politique. Les études montrent qu’elle préfère faire bonne figure ou se mentir à elle-même, au lieu de dénoncer l’injustice dont elle est victime. Pour exemple, 84% d’entres elles estiment ne pas avoir subit de discrimination sexiste, mais 66% constate que leur ascension a été freinée par leur congé maternité. Un effort est donc à réaliser en matière d’égalité, mais également en terme de perception de l’acte sexiste.

Le premier enjeu est de ne pas confondre les débats. Le but de cette lutte est le rétablissement d’un équilibre, et non la prédominance de l’un des deux sexes. La banalisation de ces actes est tristement répandue et le statut quo généralisé chez les femmes laisse à supposer qu’il n’existe aucune égalité. Combien de chercheuses d’emploi sont questionnées sur la garde des enfants lors d’un entretien d’embauche ? Il ne faut pas tomber non plus dans un extrême, désormais appelé « discrimination positive ». On accède à un statut en fonction de son mérite, et non suivant l’ethnie ou la catégorie que l’on représente. Cela reviendrait à prendre le problème à l’envers.

Situation en France
En France, la candidature à la présidence de Ségolène Royal a hélas suscité de vives réactions de la part de la classe politique masculine : « Mais qui va garder les enfants ? », « C’est pratique, nous allons pouvoir faire les primaires à la maison » ou bien encore « Nous ne sommes pas à un concours de beauté ». Ces comportements rappellent la position de lanterne rouge de la France en Europe : 10,9% de femmes maires et 12,4% de femmes à l’Assemblée Nationale. Certains partis politiques préfèrent même perdre plusieurs millions d’euros plutôt que d’appliquer la parité. Mais la politique en France est soumis à des normes homogènes ancestrales et non représentatives de la société : l’homme blanc cinquantenaire. Pire, le renouvellement du personnel politique est bien trop lent.

En 1849, Jeanne Deroin fut la première femme à présenter sa candidature à des élections législatives, alors que les femmes n’avaient pas le droit de se présenter. Subissant de nombreuses critiques, elle rétorquera : « Montrez-moi l’organe requis pour exercer les fonctions de législateur et je reconnaîtrai ma défaite. »

Aux Etats-Unis
Aux Etats-Unis, le débat s’est longtemps focalisé sur l’accès aux pouvoirs par les noirs, et récemment par la communauté hispanique. Le sexisme perdure, mais des femmes ont réussi à atteindre des postes clés : Condoleezza Rice au titre de responsable de la diplomatie américaine ou bien Hillary Clinton au Parti Démocrate. La récente série télévisée « Commander in chief » met d’ailleurs en scène l’actrice Geena Davis dans le rôle de présidente des Etats-Unis. Mais la nomination d’Harriet Miers à la Cour Suprême a relancé le débat entamé par Pauline Marois, candidate à la direction du Parti québécois. En effet, un des commentateurs conservateurs l’a qualifié de « bureaucrate sans importance » ce qui a fait monter au créneau Laura Bush, la première Dame des Etats-Unis.


Mais c’est là que la confusion s’établit. Harriet Miers n’a jamais exercé dans la magistrature, mais sa dévotion pour George W. Bush et Dieu a été prédominant dans l’attribution de ce poste. Le New York Times a révélé sa correspondance avec le Président des Etats-Unis pour modérer les propos tenus par les observateurs et rétablir la vérité. Dans ses missives, Harriet Miers a écrit : « Vous êtes le meilleur gouverneur de l’Histoire » ou bien encore « Le Texas est béni ». Bref, les débats s’enflamment alors que la majorité des commentateurs (dont des femmes) craignait son inexpérience et l’éventuel abolition de l’avortement. L’organisme Feminist Majority Foundation prétend que « si Harriet Miers n’avait pas été une femme, personne n’aurait remis en cause ses capacités intellectuelles. »

Faits d’actualité
Alors que nous devons nous féliciter de la nomination d’Angela Merkel en tant que première chancelière allemande, l’ancienne Ministre canadienne Pauline Marois s’estime victime de préjugés dans la course à l’investiture du Parti québécois. Selon elle, l’ambition en politique est mal perçue quand il provient d’une femme, alors que c’est une qualité chez un homme. Pauline Marois s’indigne face à la conscience collective, peu habituée à attribuer un leadership à une femme. 88% des québécois veulent une femme à la tête du parti, mais la réalité est tout autre. Réponse mi-novembre.

En France, les grandes femmes politiques qui ont été pour la plupart à la tête de partis sont Arlette Laguiller, Michèle Alliot-Marie, Marie-George Buffet et Dominique Voynet. Seule Edith Cresson a accédé au rang de Premier Ministre en 1991. Pourtant l’actualité fait cas régulièrement du non dépoussiérage de l’idéologie politique. Le dernier exemple en date est l’éviction de Safia Otokoré, adjointe du Maire d’Auxerre qui l’a qualifié de « boulet ». Difficile de dire s’il s’agit ici aussi d’une affaire de sexisme. La classe politique a en tout cas réagit. Michèle Sabban, vice-présidente de la Région Ile-de-France a déclaré que « il est temps de rendre au politique le combat féministe qui est le sien. » Anne Hidalgo, première adjointe du Maire de Paris a conclu sur une citation de Françoise Giroud : « Le jour où l’on nommera une femme incompétente à un poste de responsabilité, ce sera la parité. »

66% des françaises considèrent l’égalité des salaires entre les sexes comme une priorité dans leur combat social. Elles n’étaient que 57% il y a deux ans.

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