Publié par Longueur d'Ondes

Carte d'identité : consultant Freelance - Divertissement en ligne, auteur du livre « Musique 2.0 » (Irma), ex-chargé de promotion chez Skyrock et chez Warner Music France, mémoire de Master Marketing/Communication ISC Paris « Le marketing sauvera-t-il l’industrie du disque de la crise ? »

Quelle est la situation actuelle suivant les différentes typologies d’artistes ?

Il y a tout d’abord les artistes à forte notoriété qui quittent les maisons de disques (Madonna, Radiohead…) pour toucher plus de royalties en s’associant avec des tourneurs. C’est une démarche volontaire afin que leur marge soit plus importante. Ensuite, il y a les artistes en développement. Internet reste ici une solution intéressante en début de carrière, même s’il manque parfois une véritable structure pour les accompagner. Il y a donc un désir légitime d’exploiter et de solliciter la communauté pour la fidéliser, même si des efforts dans ce domaine peuvent encore s’affiner au niveau des offres promotionnelles.  Enfin, il y a les artistes amateurs pour qui Internet est un outil formidable, mais dont le modèle économique est encore flou. Cette solution est pour le moment envisageable pour ceux qui n’en vivent pas, car le problème général reste le coût de la fabrication.


Et concernant les majors ?

Elles tentent aussi de s’adapter, même si le CD représente leur plus grand pourcentage de revenus. C’est pour cette raison que des groupes comme Warner ou Sony/BMG diversifient leurs activités en s’ouvrant au marchandising, aux lives ou aux spectacles. Emi Music France s’est lancé dans Reset Junior, une plateforme on-line utilisant les possibilités du digital : exclusivités, pré-écoutes, chats avec des artistes, widget, une télévision… Quant à Universal, la major table plus sur le rachat de catalogues (Atmosphériques, V2…) pour contrôler l’accès à la musique et faire ainsi monter les enchères. Une stratégie qui devrait être payante.


Existe-t-il d’autres initiatives ?

Concernant les labels indépendants, ils nagent dans l’incertitude. Leur champ d’actions doit absolument être revu. Car si leur utilité n’est plus à prouver, la configuration actuelle rétrécie leurs possibilités. Il y a par ailleurs la création d’un nouveau label, My Major Company, qui propose de développer des artistes avec l’aide des Internautes. Il s’agit d’un véritable parrainage englobant le mécénat et la participation au choix des photos, de la pochette et des titres. Enfin, MyGroovyPod se positionne sur des concerts live sur Internet.


Notre approche de la musique est-elle actuellement en train d’évoluer ?

Nous aimons la musique pour sa mélodie ou son chant. Mais nous en sous-estimons souvent le deuxième aspect : l’attitude, le ressenti visuel, le procédé d’identification ou bien encore l’expérience humaine qui découle des lives. Il y a une véritable envie du public de se rapprocher de l’artiste. C’est certain qu’il y a une sorte « d’éducation à la musique » qu’il fallait mettre en place. Et sur ce terrain, les majors ont échoué, car ils ont martelé le public à coup de tubes. Nous nous retrouvons donc avec un problème de culture musicale et de diffusion en France. Et contrairement à nos voisins européens, un artiste international ne fait qu’une date parisienne. Je pense qu’il est donc important d’investir dans les médiathèques.


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