Publié par FJM Publications


Suite du dossier sur "Violences conjugales : les hommes battus"

Féministes : attention aux extrêmes
N’a-t-on pas déjà entendu : « Tous les hommes sont des violeurs » (Marilyn Franch), « L’homme est une femme incomplète, un embryon avorté, incapable de recevoir ou de donner le plaisir ou le bonheur » (Delphine Sérig), « L’homme est le résultat d’un gène endommagé. Les hommes prétendent être normaux, mais tout ce qu’ils font, assis là, avec des sourires insignifiants dans leur face, c’est de produire du sperme. C’est ce qu’ils font tout le temps. Et ils n’arrêtent jamais » (Germaine Greer), « On veut bien admettre que c’est la peur de l’X, en eux, qui conduit la plupart des hommes à être des pères désastreux, durs ou violents » (E. Schmela), « On le définit comme le sexe faible doté de nombreuses fragilités physiques et psychiques […] Les Psychanalystes savent bien que les perversions sont essentiellement masculines » (Elisabeth Badinter). Rien à voir avec Simone de Beauvoir qui concluait que « c’est au sein du monde donné qu’il appartient à l’Homme de faire triompher le règne de la liberté. Pour remporter cette suprême victoire, il est entre autres nécessaire que par-delà leurs différenciations naturelles, hommes et femmes affirment sans équivoque leur fraternité. »

Porte de sortie ?
Face à cette violence, l’homme est désemparé. Il craint le regard de la société dans laquelle il est censé représenter dans les clichés l’autorité familiale et sociétale. La perception générale de la masculinité et la position qu’a occupé les hommes durant de nombreux siècles le réprime souvent à faire appel à une aide extérieure par honte. Il préférera même l’univers conflictuel à l’éventualité d’un nouveau départ, craignant une solitude à l’issue incertaine. S’il est père, il ne peut pas imaginer abandonner ses enfants à une femme violente. Ainsi, il opte pour une stratégie logique de refuge en niant l’évidente réalité à ses proches et à lui-même et en mettant en avant les aspects positifs de sa relation. Ensuite, il anticipe le danger, s’investit beaucoup plus dans le travail, tente de protéger ses enfants, s’arme de patience, de compassion et de pardon. Sa clémence lui donne même un sentiment de revalorisation personnelle.

Sur sept hommes violentés, six quittent leur tortionnaire. Mais pour s’extirper du guêpier il leur faut tout d’abord prendre conscience d’être battu à travers un événement déclencheur qui rende la situation encore plus inacceptable qu’elle ne l’est déjà. Certaines persécutrices tentent par ailleurs d’éviter les fuites en coupant les ponts avec sa famille ou ses amis. Souvent, l’occasion se produit avec l’aide d’un tiers en plein flagrant délit, lors d’un acte exercé sur les enfants ou lorsque le martyrisé ne trouve plus aucun refuge, pas même dans son travail. Mais si l’homme passe à l’acte, la loi se retourne contre lui et la société va fondamentalement la déclarer comme victime. Sans pour autant une grande ingéniosité, c’est un scénario qui est malheureusement très facile à mettre en place. Et l’une des premières peurs de l’homme est sa propre violence. Son potentiel l’enferme dans une tension quotidienne et pourrait le priver de ses enfants.

Il n’existe pas de services spécifiques d’aides aux victimes masculines. Cela vient essentiellement du fait que le phénomène reste souterrain et méconnu. De plus, les hommes en France sont moins habitués à se réunir en association d’aide ou de soutien. Cependant certains services réservés aux femmes sont bien entendu ouverts aux hommes, notamment les Centres d’Informations sur les Droits des Femmes.

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