Publié par Le Progrès

Depuis quelques années, les artistes font le mur et investissent la maison de la plèbe. Lyon ne fait pas exception à la règle

Véritables lieux de rencontres, les cafés ont subi de profondes mutations depuis leur création. Autrefois, il s’agissait d’un unique débit de boisson public, mais très vite il est devenu le centre névralgique des débats intellectuels ou un espace de détente pour les classes ouvrières. Si on y a lu le bottin ou des poèmes, commenté le journal, puis organisé des concerts ou des rendez-vous galants, c’est désormais à L’Art graphique de se poser derrière le comptoir.

Ainsi, la photographie et la peinture se démocratisent et font de l’œil au pilier de bar installé sur son zinc. Le visiteur, né d’un père collateur ou défendant le patrimoine viticole grâce à son lever de coude, n’est plus sûr de repartir les bras vides. Alors que le concept du bar-expo existe depuis plus de 25 ans dans d’autres villes et que l’on s’oriente plus actuellement vers des cafés-librairies, Lyon s’est lancée dans l’aventure il y a quelques années... La culture bars-bars est en marche.

Frédéric Ducruet – Ninkasi Opéra
« Cela fait 2 ans que nous organisons des expositions, à l’initiative de mon prédécesseur. Ludivine et Isabelle présentent jusqu’en avril « Métempsychose » : des photographies prises dans le bar en compagnie d’une mascotte. Le Kafé et Gratte-Ciel commencent également à s’y mettre. Nous allons d’ailleurs organiser des réunions pour faire tourner les œuvres. Nous avons la chance d’avoir un public large à midi et 80% des tableaux du précédent artiste ont été vendus. Cela ne provoque pas plus de fréquentation, mais les clients en discutent. A l’avenir nous aimerions travailler sur l’espace, notamment peut-être à travers des installations ou des sculptures parfois définitives. »

> 27, rue de l'Arbre sec Lyon 1er

Johanna Serfaty – La Fée Verte
« Nous accueillons les peintures de Thony H. tout le mois de mars. Un exercice que nous faisons depuis notre ouverture il y a 3 ans. Etant moins exigeant que les musées et ayant une bonne surface, les demandes affluent et nous sommes complets jusqu’à juillet. Si j’avais plus de temps, j’irai faire du démarchage. Les photos sont difficiles à vendre généralement. Pour la peinture, cela dépend du prix. Certaines personnes viennent spécifiquement pour les expositions et il n’est pas rare que j’en achète moi-même. (rires) »

> 4 rue Pizzay Lyon 1er


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