Publié par Le Progrès

Deux chanteurs que tout oppose, dans un entretien à l’image de leurs auteurs : humain

Miossec : « Quand j’aime trop, je ne peux pas parler »

Le premier est le mentor du deuxième. Le visage cisaillé dans le menhir brut, deux billes bleues atlantiques à la place des yeux, Christophe Miossec est un authentique brestois semblant sortir du Germinal de Balzac. On découvre que le breton a grandit à l’ombre d’écrivains comme Caver ou Hubert Selly Junior, du groupe Marquis de Sade et du festival des Transmusicales. Avant son ascension fulgurante (6000 spectateurs au 3ème concert), il enchaîne les boulots « à fric et à femmes » : journaliste, concepteur-rédacteur sur TF1, nègre chez Gallimard, technicien sur des concerts, voire même une année à la Réunion. C’est sur l’île de Ouessant qu’il accueillera tout d’abord Cali, pour lui faire découvrir les épiques Phiphi La Boulange ou Dédé La Fleur devant un agneau rôti. Tout un symbole pour ce quinquénaire solitaire aux débuts punk, capable d’insulter son public


Cali : « Je me sens moins ridicule à dire ’’salope’’ que ’’je t’aime’’ »

Le deuxième est plus domptable et plein de tendresse. Juvénile, innocent, Bruno Caliciuri est ce trentenaire de Perpignan au regard pétillant. Lui n’a ni connu la prison, ni Sciences Politiques, ni l’éducation spartiate de l’autre. Cali a multiplié les petits emplois et 15 ans de bals. Petit dernier de la famille, Bruno a perdu très jeune sa mère, s’est inscrit sur des listes électorales et amoureux, a fugué en Irlande. De ses lectures, il retient Jack London, Steinbeck, Brautignant et Bukowski. Des peintures, il affectionne Francis Bacon, les Caravage, Titien et Véronèse.  On entrevoit un être doux et fragile avec de l'affection à revendre.


Yves Colin : « Par chance, ils sont photogéniques »

Au final, ces deux chanteurs que l’on croyait opposé se rejoignent sur leur passion pour les Clash, Bruce Springsteen, dEUs, Domique A et « Attrape-Cœur » de Salinger. Chacun s’admire du coin de l’œil et reçoit l’autre sur son propre terrain. Au gré d’une plume délicate, c’est la simplicité et une aventure humaine que l’on rencontre. Assez magique pour donner envie de lire de nouveaux duos aussi improbables. Une réussite.


Deux auteurs finistériens

Apr
ès avoir réalisé la 1ère partie de Cali à Callac (29), Yves Colin se laisse convaincre par Grégoire Laville, un ancien compagnon des bancs du journalisme de Lannion. Chanteur du groupe Colin', Yves est le chargé de communication du festival des Vieilles Charrues, tandis que Grégoire écrit pour la presse. Beaucoup plus qu'un simple entretien, c'est une rencontre amicale entre deux réservés (Miossec et Grégoire) et deux tendres extravertis (Cali et Yves). Un ouvrage qui leur ressemble en tout point. L'ensemble a été magnifiquement mis en image par l'ancien guitariste et oncle de Yves, Claude Gassian, un des plus brillants photographes rock actuels.


LIEN
> Interview de Cali



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