Publié par Role Playing Game

Depuis la fin des années 90, les sites spécialisés se sont multipliés jusqu’à l’overdose. Rapidité, gratuité, complémentarité… Les arguments d’Internet ont entamé l’érosion d’une presse magazine qui n’a pas toujours su s’adapter. Pour autant, le web n’a pas remporté la bataille, mais s’est plutôt lancé dans une véritable guerre des clones qui promet chaque fois un nouvel eldorado. En vain ? Dans l’ombre, la presse magazine prépare sa revanche.

Il est difficile de dénombrer actuellement le nombre de sites Internet, professionnels ou amateurs, dédiés aux jeux vidéo. Car s’il existe un public pour qui la lecture sur écran ne pose pas de problème, c’est bien les joueurs. Et bien avant que les articles n’inondent la Toile, Internet a surtout permis de rassembler des communautés d’initiés autrefois isolées. Espace de liberté, mais aussi d’échange d’informations et joute de combats ou d’idées, Internet apparaissait comme un terrain familier.

Un choix attractif
La presse vidéoludique y planta son étendard, suite logique des forums qui en jouaient alors les ambassadeurs. La rapidité de l’information supplanta alors les délais de publication de la presse traditionnelle. La gratuité fut également l’un des éléments primordiaux de ce succès, face au prix des magazines qui n’ont fait qu’accroître. Puis vint enfin l’alternative au papier, décliné sous toutes ses possibilités technologiques : téléchargements, blogs, vidéos, podcasts, commentaires audio, etc.

Ma femme, mes clones et moi
Pour autant, il ne faudrait pas oublier les potentielles faiblesses de la presse web. Malgré la concurrence accrue et multiple, les sites spécialisés ont peiné à se remettre en cause en raison de la suprématie grandissante du support. Pour preuve, hormis quelques exceptions segmentées à un genre ou un style, peu d’entre eux sont parvenus à véritablement se démarquer sur la forme. Chacun propose ses flux d’actualités, ses tests de jeux, les relais des grands salons ou des annonces officielles. D’autant que beaucoup sont tentés par le sensationnalisme, le référencement, la course à l’information (sans vérification) ou aux mots clés pour booster artificiellement son audience et palier à l’économie précaire qu’entraîne la gratuité.

Un historique pénalisant
Sur le fond également, Internet a malheureusement été plusieurs fois éclaboussés par des manques d’objectivité profonde entre mauvaise foi chronique de fanboys ou pressions des éditeurs. Après l’affaire de Gamespot et son Kane & Lynch : Dead Men réévalué à la hausse, c’était au tour de Jeux Actu l’année dernière de faire passer la notation de TimeShift de 9 à 16/20 à la signature d’un partenariat publicitaire qui habillait le site aux couleurs du jeu.

Manque de recul
Enfin, Internet se contente le plus souvent de commenter la plupart de l’actualité à sa surface. Pourtant, tout art se prête à un débat sur son utilité, les raisons de son émergence ou son renouvellement. Ces réflexions sont essentielles pour sortir du cadre du simple divertissement de masse et permettre une dimension artistique profitable à tous. Les journalistes sont alors un garde-fou aux stratégies commerciales.

Concurrence web accrue
Malgré la multiplication d’avatars, de grandes figures web parviennent à se faire un nom. Tous se vantent de recueillir plus d’un million de visiteurs par mois, mais sont de plus en plus chahutés. Gamekult par exemple, alternative au leader historique JeuxVideo.com, voit actuellement la concurrence le rattraper. Bien que faible éditorialement, Toms Games (BestofMedia) affiche une forme éclatante, revendiquant plus de deux millions de visiteurs. Enfin, chaque trimestre des nouveaux venus se taillent la part d’un gâteau de plus en plus étriqué. Dans les derniers : GameOnly, portail dédié aux jeux on-line par JeuxVideo.com, ou GameWeb par l’équipe du feu magazine Background.

Difficultés de la presse magazine
Le monopole européen de Future Publishing a brouillé quelque peu les pistes, avant que le groupe ne se sépare de sa branche italienne et française. C’est WM7 qui en a ensuite racheté les titres hexagonaux. Hors débat éthique sur son contenu, le dépôt de bilan de la société FJM Publications en 2006 en disait déjà long sur la fin de l’âge d’or. Même Console+ et Joypad ont vu leur diffusion se diviser par deux en quelques années. Un jeu périlleux tant al bonne santé de la presse (même spécialisée) est un garant de la démocratie. Seul gagnant actuel : JeuxVideo Magazine. Le leader du marché est parmi les seuls - avec le magazine Role Playing Game - à augmenter sa moyenne de ventes mensuelles.

Solutions
En attendant de trouver la solution miracle, les portails Relay, Alapage, VirginMega ou LeKiosque ont lancé une formule d’une quinzaine d’euros par mois permettant d'accéder à la quasi-totalité de la presse magazine française. Le e-paper et son écran souple représente également l’un des défis de demain. Il n’utilise pas un rétro-éclairage ou l’émission d‘électron, mais la lumière ambiante. Pas sûr que cela compresse l’hémorragie, mais que voulez-vous... Pour l’instant, dans la presse magazine, on se « console » comme on peut.




Commenter cet article