Publié par Longueur d'Ondes

La scène rock belge ne sait jamais aussi bien portée, à l’image de leurs compatriotes Ginzhu, Girls in Hawaï, The Tellers, d’Hollywood Porn Stars et Sharko. A l’occasion de la sortie de leur deuxième album, rencontre anglophone avec Philip Bosschaerts (le chanteur/guitariste) et Lies Lorquet (la bassiste/chanteuse) du groupe Mintzkov.

 


Le fait que Minchul (le batteur) et Philip soient graphistes a-t-il une incidence sur la musique ?

Philip : Minchul est effectivement illustrateur, tandis que moi j’étais peindre. Bon, maintenant je me concentre surtout sur la musique, mais je dirais que j'ai encore une manière assez « visuelle » de travailler. C’est assez utile lorsqu'il s'agit d'écrire des textes. Les paroles de chansons, c'est un peu comme des peintures, constituées d'une somme de petites images qui finissent par former un tout...

 

Quel est votre processus créatif ?

P : Ca dépend. Le plus souvent, on compose la musique ensemble, tous les cinq, et moi j'écris les textes. Mais il n'y a pas de vrai plan. Ca dépend un peu de chaque titre. Ce qui fait que le processus reste toujours excitant.

Lies : En général, Philip trouve d'abord une succession d'accords intéressants, tout seul chez lui... J'adore être dans le studio de répétition quand il nous présente ses trouvailles et voir ce que les autres musiciens composent autour de cette base. Les premiers éléments sont toujours la guitare, la basse et la batterie : le squelette de toute chanson de Mintzkov. Philip écrit ensuite les paroles.

 

Comment s’est déroulé l’enregistrement de l’album ? Quelle ligne directrice vouliez-vous lui donner ?

P : Nous avons enregistré « 360° » d'une façon plus live que notre précédent et premier album. Au lieu de faire une sorte de millefeuille de sons, on voulait avoir quelque chose de plus distinct, plus clair... Et sur le prochain, je suis sûr que nous allons essayer encore quelque chose de différent.

L : Techniquement parlant, « 360° » a été enregistré quasiment en direct, tous ensemble dans le studio, avec presque pas d'overdubs à l’exception des voix.

 

Comparé à votre premier album, quels points avez-vous améliorés ?

P : Quand on a fait notre premier album, les gens étaient toujours surpris quand ils nous voyaient en live. Ils s’attendaient plus à un groupe pop. En live, nous avons toujours aimé proposer quelque chose qui avance, qui envoie et, bien sûr, nous aimons un son assez puissant, assez rock.

L : Juste après la sortie en Belgique de notre premier album « M for Means and L For Love » en 2003, nous avons recruté un nouveau guitariste, Daan. Ca a complètement changé notre façon de faire des chansons, car la dynamique apportée par des guitaristes différents n'est jamais réellement comparable.

 

Comment s’est décidé le choix de la pochette ?

P : On a demandé à un ami à nous de faire la pochette. Il est arrivé avec l'image du phénix. Ca a trouvé un écho avec notre sentiment d'être parvenus à faire un nouvel album vraiment bon. Chaque album est un peu comme une renaissance.

L : C'est très intéressant d'avoir un graphiste qui vient poser une image sur la musique que tu fais. Pour nous, cela donne à l'album une nouvelle dimension.

 

L’idée du clip « Ruby Red » vient-elle de Minchul ?

P : Non. En fait, ce sont deux personnes que nous connaissons qui sont venues avec l'idée. On aimait le principe d'un clip qui n'exprime pas directement le thème de la chanson, et le principe d'avoir un type étrange comme personnage principal. C'est un peu surréaliste, mais c'est ça qui est bien. Concernant d'éventuels prochains clips, nous avons toujours des idées assez délirantes, mais pas sûr que le budget suive... Et Steven Spielberg n'est pas toujours disponible !

 L : Minchul a toujours une opinion très sûre et un œil sur tous nos visuels, pochettes, clips, photos... C'est lui qui a choisi la couleur du phénix par exemple. Et, personnellement, je lui fais totalement confiance sur ces sujets. Nous sommes tous fans de ses illustrations !

 

Quels sont vos récents coups de cœur musicaux concernant la scène belge ?

P : Il y a un groupe d'Anvers dont le disque sort bientôt chez nous et qui s'appelle The Hickey Underworld. Leur son est très dur ! C'est un groupe assez extrême avec des influences hardcore et en même temps très mélodique, très pop. Il y a aussi un jeune type de Gand qui s'appelle The Bony King Of Nowhere qui vient de faire un bel album.

L : Quant à moi, j'attends avec impatience le prochain album des Girls In Hawaii. Sur scène, j'adore.



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(Traduction : Jean-Philippe Béraud)