Publié par Cinextenso

Plus de décennies après la fin de la série Miami Vice (« Deux Flics à Miami » pour les fans de traduction française hasardeuse), Michael Mann tente le pari en remettant en scène l’instable bellâtre James « Sonny » Crockett et son élégant collègue Ricardo Tubbs. En plus de l’esthétisme contrasté et clinquant des années 80, la série policière avait su imposer un troisième acteur indispensable : la musique. Un filon incroyable pour les futurs placeurs de produits, mais également une manière de cristalliser une époque. Gros plans sur une paire de fesses dans un bikini coloré, alterné de Ferrari et de plans nautiques sur fond des débuts solos de Phil Collins… Le cas a fait école.

Empire strikes back
Jan Hammer, auteur du célèbre hymne musical de la série, ayant refusé de participer à la bande originale, la production avait désiré réactualiser cet univers singulier. Au programme quelques pointures comme  Nina Simone  ou l’électro chic de Goldfrapp, qui succèdent ici à de nombreuses rééditions. Le groupe Nonpoint s’attaque dès le début à une reprise honnête du fameux « In The Air Tonight » qui aurait mérité une relecture plus audacieuse. Mogwai fait magnifiquement saigner et saturer ses guitares, rendant électriques les ambiances urbaines et nocturnes. Quant aux classiques de Moby, ils ne provoquent pas la surprise, mais savent adoucir sensuellement les bourrasques et embraser les scènes intimes.

Sea, sex and sun
Il s’agit d’une bande originale aussi énervée qu’érotique, mais surtout une fidèle compilation de la culture du début des 2000. Samba, hip hop, électro, pop-rock… Les styles sont passés à la moulinette dans une sélection parfois trop standard. Si la série savait justement s’extirper du lot par ses scénarii pointus, ses tenues vestimentaires Armani et Versace ou des scènes lorgnant vers les clips vidéo, on s’attendait alors à de véritables choix érudits et draconiens. Comble de l’objet, « Numb » de Likin Park feat. Jay Z en introduction de film, ainsi qu’une majorité des musiques du compositeur John Murphy ne sont pas dans ce disque.

Thème à débattre
Le disque reste une adaptation honnête et dépasse une bonne majorité de ses confrères du genre. Les images surgissent à chaque sillon, malgré quelques emprunts à d’autres films de Michael Mann. Il aurait peut-être fallu s’inspirer des nombreuses participations éphémères de la série, allant de Tina Turner à Gene Simmons (ex-Kiss) ou en poussant les recherches du côté de la New Wave et de la musique Soul. Autre légère déception, il faut sacrément tendre l’oreille pour reconnaître en clôture de l’album le célèbre thème de la série policière. Le morceau fait à peine un lointain clin d’œil à son prédécesseur. En conclusion, la playlist de Miami Vice est tout de même de qualité et dépoussière l’original sans jamais le dénaturer. Mais tristement sans non plus le dépasser.

LIENS

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