Publié par Croque-Madame

Une nouvelle vague de couleurs déferle sur la musique... Un mouvement faisant appel à nos instincts primaires les plus instinctifs et honteux, comme une envie non dissimulée de fast-food, de coiffures sauvages ou de survêtement que la bienséance nous interdit pourtant. C’est le retour du n’importe quoi flashi et des ambiances saturées, quittant les chambres à coucher de nos enfances pour envahir les bacs de disques.

Impérial
Si le néon a des origines connues de tous, de son utilisation peu coûteuse pour l’éclairage industriel jusqu’aux secteurs domestiques ou des boîtes de nuit 80’s, on sait cependant moins d’où provient la fluorescence. Il faut tout de même remonter jusqu’à un Empereur de Chine aux environs de l’an 1000 pour retrouver quelques traces, sans la moindre aide d’acides. A cette époque, un tableau magique laissait apparaître chaque soir un bœuf. Il s’agit semble-t-il du premier exemple connu d’un matériau fabriqué par l’Homme qui est capable d’émettre de la lumière luminescente. Le procédé a été involontairement retrouvé par un cordonnier à la fin du XVIème siècle et Andy Warhol a fait le reste…

Du day-glow à la new rave
La mode n’étant qu’un éternel recyclage, il était logique de voir réapparaître le fluo. Après avoir sévèrement enterré les années 80, ses groupes déjantés, ses films sous hormones, son je-m’en-foutisme assumé et son attrait pour la culture de masse, voici le retour des oubliés. Les horreurs de la guerre, avec un goût certain pour le kitch aux lardons, réattaquent en force. En provenance directe de l’Angleterre, le look fluo explose le classique noir de rigueur. C’est le jaune et le rose qui font désormais la loi dans les lieux branchés. Et après Perrier, l'Ipod nano, Sony Bravia et les voitures Infiniti, c’est au tour de la musique de s’y coller avec TTC (et son chanteur Tékilatex), Yelle, les soirées Fluo Kids, le dernier clip de Vitalic et Kasabian, la pochette d'Arcade Fire ou encore le label Kitsune (Klaxons, Pump Junk Up, Boys Noize…) Et si finalement, après bien y regarder, les groupes ont une nouvelle fois tenté un nouveau coup marketing international, qu’importe. Le style marche et ce sont les grandes métropoles qui tentent de rattraper la course en parodiant les tenues.

Paris Paris
Evidemment, les exemples antérieurs ne manquent pas, des Little Rabbits en passant par Katerine, Punish Yourself, les sex shops et plein d‘autres. Mais que doit-on finalement retenir de ce nouvel engouement ? Un rejet (un peu contradictoire) des diktats de la mode et des standards de la consommation. Une nostalgie assumée pour les années 80, où comme dans le Pop Art, les références de masse sont devenues de l’Art. Un brin de désinvolture juvénile, ambiance punk-destroy et légèrement révolutionnaire (le fluo, autrefois proscrit, est désormais subversif). Un goût pour l’industriel et le chimique, sans peur du jugement des autres. En plein aire de généralisation musicale et mercantiles, c’est le retour de l’alternatif, du son garage crade, lo-fi et sans le moindre budget. L’alliance du « Do it Yourself » et du « Fuck Society »…

Vengeance
Les magasins Tati sont-ils finalement des précurseurs ? Même le orange a subit des mutations identiques. Longtemps classé au rang des moquettes hideuses d’un urbanisme poussé dans les années 70, la couleur a fait son come-back en force dans le domaine de la communication, jusqu’à même donner son nom à une marque de téléphonie. Alors, pourquoi pas le fluo ? De quoi donner l’occasion à nos enfants de se moquer des anciennes photos de famille. Que voulez-vous… Chacun son tour.

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