Publié par Cinextenso

Ici, on ne parle pas du groupe de musique, mais de cette gigantesque fête de quartier. Quand un humoriste américain atypique rencontre l’un des réalisateurs actuels les plus créatifs, le tout sur fond des grands noms live de la musique black, cela donne un film modeste et sincère sur la culture de Brooklyn, manquant étrangement d’audace.

C’est l'histoire d'un concert mémorable organisé à New York par le talentueux Dave Chappelle. Mariant sketchs de stand-up et musique, le film narre l’histoire de l’événement et ses préparatifs. Sur scène : Kanye West, Mos Def, Talib Kweli, Common, Dead Prez, Erykah Badu, Jill Scott, the Roots, Cody ChesnuTT ou encore Big Daddy Kane. Et en bonus : les Fugees. Le label de Lauryn Hill s’étant opposé à son concert solo, l’artiste décidera de reformer son groupe huit ans après sa dissolution. Un bienfait quand on écoute la délicieuse version quasi a capella de « Killing Me Softly »

Hip hop hop hop
Originaire de Washington, Dave Chappelle s'est fait connaître dès ses 17 ans en s'illustrant dans des émissions télévisuelles comme « Evening At The Improv », « Caroline's Comedy Hour », « MTV's 1/2 Hour Comedy » et sa série « Chappelle’s Show ». L’humoriste hurle, apostrophe, saute, distribue ses reparties et se contorsionne au grès de ses fous rires inimitables. Côté cinéma, il fait quelques apparitions dans Sacré Robin des Bois, Le Professeur Foldingue ou encore Les Ailes de l'Enfer. Rançon du succès, le film Block Party a été présenté à Berlin en 2006, dans la section Panorama et nominé à différents concours.

Gangs of New York
Pour l’anecdote, le concert était initialement prévu à Central Park, mais Michel Gondry a suggéré de « trouver un lieu qui aurait vraiment un sens pour les gens qui y vivent ». Le choix s’est donc porté sur Brooklyn. La préparation du concert a lui été filmée par les assistants du réalisateur, donnant dans l’émotion comme l’annonce faite à la fanfare locale ou dans l’humour quand Dave Chapelle arpente les rues avec un mégaphone pour inviter les passants. C’est là que l’on mesure réellement sa dynamique, sa bonne humeur communicative, sa générosité et ses gimmicks essentiellement centrés sur l’oppression de la communauté noire. Des clichés de l’esclavage en passant par le Cosby Show, tout y passe avec malice et clin d’œil.

La Sciences des Rêves
Au final, il s’agit d’un woodstock métissé en plein quartier populaire américain. A la fois concert et séquences anecdotiques, le film est avant tout sans prétention un hommage à la scène Hip-hop et à la culture de la rue. Hormis quelques astuces de montage, on regrette cependant le manque d’inventivité du roi du clip, entièrement soumis à son sujet. La fibre n’est pas toujours là, les plans sont quelques fois brouillons et on regrette qu’il n’ait pas effectué le même travail que Win Wenders sur Buena Vista Social Club. Un peu de profondeur en somme, même si sa sincérité n’est pas à remettre en cause. Un film malgré tout chaleureux et enthousiasme que sauve le DVD en proposant une version non censurée, des scènes inédites et un making off.

LIENS
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