Publié par FJM Publications

Le phénomène des lieux branchés reste un concept flou et personnel. Il peut à la fois se singulariser par le côté exclusif de ce qu’il offre, la catégorie sociale qui le fréquente, l’accès limité par le nombre ou le prix, voire même le secret qui entoure le lieu. Mais il existe également plusieurs degrés de " population branchée " qui évoluent suivant les mœurs de notre société et les influences que ces catégories ont sur la vie culturelle ou économique.

Ainsi nous pouvons trouver le milieu des artistes, les bourgeois bohèmes, les métrosexuels, les people, les célébrités et la jet-set. Tout d’abord, les bourgeois bohèmes sont des personnes aisées éprouvant l’envie de retourner " à la nature " : attitude nonchalante, maison secondaire en campagne, culte du bio ou bien trekking en milieu désertique. Cette catégorie sociale a fait la joie des publicitaires ces dernières années. Les métrosexuels sont un nouvel échelon découvert dernièrement par les sociologues. Ce sont des personnes adoptant les caractéristiques du milieu homosexuel : attitude efféminée, goût accrue pour le vestimentaire ou bien encore soirée électronique privée et renouveau pour le kitch. L’un des exemples les plus frappant est le film " American Psycho " ou la soirée privée nantaise W.A.F. (" We Are Family ") où se côtoie gays et hétéros au son des meilleurs artistes électro internationaux. Les annonceurs viennent de s’apercevoir que ce nouveau segment de marché est très prometteur et misent une bonne partie de leur communication dessus : tels les rayons de vêtements et lieux estampillés " gays friendly ". Même l’image de Monsieur Propre a évolué. En effet, Monsieur le mari ne culpabilisait pas que ce soit un gay qui aide sa femme à faire le ménage… Aucun problème d’adultère ou de perte de virilité en accomplissant les tâches ménagères… Et la publicité a d’ailleurs été au-delà du symbole en lançant ainsi la mode des tee-shirts strechs, relayés plus tard par Jean-Paul Gautier.

Ensuite, les people sont les personnes connues, issues du monde du sport ou de la télévision, comme par exemple la téléréalité. Leur carrière est souvent éphémère, mais suffit à lancer la réputation d’un ou deux lieux les accueillant. Les célébrités sont les people ayant persévérés, comme les stars de cinéma. Ce sont des valeurs sûres pour le lancement d’un nouveau produit. Enfin, la Jet-set est une catégorie extrêmement riche qui voyage de fêtes en fêtes. Parmi elle, on peut compter un bon nombre de personne de l’aristocratie ou de la bourgeoisie française. 

Jet-set : une mini-société
Les films de Fabien Onteniente (1999 et 2004) avec José Garcia ont été les premiers à se moquer ouvertement de la Jet-set parisienne et à médiatiser ce terme générique. Les lieux de villégiatures de la Jet-set les plus prisés dans le monde sont les îles Moustiques dans les Caraïbes, Marballa en Espagne, St Barthélémy à Côté de la Guadeloupe, Gstaadt, Hvar en Croatie et Saint Morritz en Suisse. En France, les premières villes prestigieuses étaient Deauville, Dinard et Arcachon, mais les congés payés ont endommagé leur image. Aujourd’hui les destinations à la mode sont les Portes-en-ré sur l’île de Ré, Courchevel en hiver, St Tropez en été (jouer aux boules Place des Lices) et la villa Montmorency à Paris.

Dubai.jpgHôtels, bars, clubs : les nouveaux filons
Tous les noctambules vous le diront, le seul club branché qui pourrait prétendre à l’ancienne réputation du Palace et des Bains Douches est le Baron. L’entrée y est très sélective, mais il s’agit aujourd’hui de l’endroit le plus hype de la capitale française.


Et les derniers lieux vraiment secrets à Paris sont les endroits où l’on pratique des activités illégales. Mais il ne nous est pas autorisé de révéler leur emplacement. Essayez donc de chercher par vous-même les fumeries d’opium et les salles de jeu du 13ème
arrondissement ou les restaurants clandestins africains dans les intérieurs d’immeubles. Comble du secret, un resto branché à Shanghai livre un code secret pour pouvoir y entrer. Ce code est donné aux privilégiés une heure avant l’ouverture. Il suffit de le rentrer sur la façade impersonnelle composée de neuf trous avec des petits claviers.

Mais les choses ont de toute façon changé. Des vigiles font dorénavant piquet devant les bars tendances. A l’Amnésia sur Ibiza, les consommations coûtent plus cher dans le carré V.I.P. Mais à l’achat de votre bouteille de champagne, le serveur vous confiera une clef permettant d’ouvrir une petite chambre à l’intérieur de la boîte de nuit. Il y a quelques années, les Anglais avaient trouvé une solution pour sélectionner les visiteurs en créant des clubs privés. Seuls les détenteurs de la carte pouvaient entrer. Un concept largement réutilisé aujourd’hui.

Du côté des adresses pointues : au cœur du Triangle d’Or et de l’Avenue Montaigne (l’une des rues les plus chics de Paris) se situe le restaurant " L’Avenue ". Sous l’impulsion des frères Costes, ce lieu s’est vu rapidement prisé par tout le Paris mondain. On y croise régulièrement Catherine Deneuve, Roman Polanski, Jean-Paul Gaultier, Carla Bruni et de nombreux couturiers, mannequins ou grands sportifs.

Un des autres endroits méconnus, mais très prisés à Paris est le restaurant Le Themis. Dans seulement 40 m², on peut y croiser le même soir Isabelle Adjani, Yves Saint Laurent, Betty Lagardère et Jamiroquai. Il n’y a pas de vigile à l’entrée, mais le patron sélectionne tout de même la clientèle. Cet endroit est invisible de la rue : pas de vitrine, pas d’enseigne ou de menu affiché. Il faut passer sous un porche pour y accéder et les réservations ne se font que par téléphone. 

Créé en 1993, le label " design hôtels " regroupe une sélection pointue des adresses les plus hype de la planète. Ces hôtels sont au nombre de 137 pour l’année 2005. Seulement quatre hôtels ont été retenus en France, moins de dix pour l’Allemagne et aucun pour la Belgique. Du nom du styliste catalan Antonio Miro, Le Miro à Bilbao (capitale du pays basque) en fait partie. Il a été notamment plébiscité par le cultissime magazine " Wallpaper " pour son small design hôtel : deux niveaux vitrés, sol en pierre anthracite, meubles en bois, salon anglais, photographies en noir et blanc de Ruud Van Hempel dans le hall et de gerbes lactées dans la salle des petits déjeunés, couloirs dans la demi-obscurité, ... Pour clôturer le tout, dans chaque chambre figure une bonne partie de ce que l’on peut trouver en matière d’évolution technologique : écran LCD, connexion Wifi, etc. Ainsi, le monde entier se presse à l’entrée de cet hôtel. A Paris, l’Hôtel Costes à côté du Jardin des Tuileries reste une des références traditionnelles en la matière.

The Generator, à Tavistock Place dans Londres, est devenu le point de ralliement de tous les fêtards d’Europe. Pourtant la décoration est simple, et il s’agit de l’hôtel le moins cher de la capitale anglaise. La chambre double coûte 26 livres par personnes, et 10 livres pour le dortoir. Mais ce qui fait le succès de cet endroit, c’est l’ambiance survoltée qui y règne. C’est un ancien commissariat, aux abords de Russel Square, qui organise notamment des concours de karaoké toutes les semaines récompensant le pire chanteur de Londres. Détail non négligeable, il se susurre que les plus belles anglaises y traînent régulièrement. 


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