Publié par Respect Mag

A la base, il s’agissait d’une expression créole exprimant le fait de faire circuler l’information par la parole. Au final, c’est un collectif parisien corrosif et acide entre slam et références littéraires. Un téléphone arabe métissé et politiquement incorrect. Un ring verbal qui fait le grand écart entre Apollinaire et des revendications sociales presque anarchiques.


Bouchazoreill’ fait l’apologie de la parole libre. Celle qui vous titille les neurones et qui sort du maquis pour vous sauter à la gorge. Celle belliqueuse ou ironique qui prône autant un bordel assumé que l’apport culturel de l’immigration. On hurle contre les injustices, on taillade au nom de ses droits, on s’indigne au gré de ses envies. Ces poètes de la rue et grapheurs de mots signent tour à tour des manifestes au goût de pamphlet acerbe et de tendre brûlot. Trop loin, trop vite, trop politique… Imaginez donc des Rage Against The Machine en français, les No One Is Innocent de la grande époque, les Sexy Shushi ou autre Yelle. Les tournures cognent, s’entrechoquent et résonnent sur les beats gras de l’électro, des guitares saturées ou des ambiances épurées.

Né des après-midi organisés à la Boule Noire et au Trabendo pendant 3 ans, le collectif s’est créé à l’initiative du rappeur et comédien D’ de Kabal. Sur scène, les « micros ouverts » partagent le brasier avec les vidéos d’Alambik. Le propos est cru et sans détour. Le style englobe à la fois la littérature, le hip-hop, le théâtre et la politique. Et même le médiatique Grand Corps Malade fait parti de l’aventure, au même titre qu’un bon nombre de musiciens qui ont su habillé cette matière brute : Emilie Simon, Olivier Mellano, Hélène Labarrière, François Manara ou encore Doctor L. Le tout a une saveur de cendres, graviers dans la bouche, pavé dans la main et batte de base-ball dans l’autre. Quant au disque, il est une excellente continuité de ces rendez-vous désormais incontournables avec de très bonnes surprises comme « Merci Merci », « J’ai vu » ou « La Chasse ».

Craignez donc l’invasion de ces nouveaux slamistes. Ce cri de douleur autant que celui du cœur. De la révolte dopée à la créativité…


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