Publié par FJM Publications

Il est révolu le temps où comme dans le film " La Grande Bouffe " de Marco Ferreri, nous pouvions organiser un repas gargantuesque afin de " mourir en mangeant " sous la multiplicité des plats. Désormais, nous n’avons nul besoin d’opulence pour détruire notre santé. Les aliments le font pour nous. Les scandales alimentaires se multiplient et le rendement prime à présent sur la santé du consommateur. Petit avant-goût du menu. 


Nous voulons sans cesse dominer la nature pour lui imposer nos caprices notamment en obtenant des fruits en toute saison, par le biais d’activateurs de croissance ou le maintien en vie artificiel. Parce que notre mode de vie est plus rapide, nous sommes prêt à bien des compromis : conservateurs, exhausteurs de goûts, colorants, … Mais notre vision n’est souvent qu’à court terme.


Les maladies d’origine alimentaire proviennent généralement d’une mauvaise préparation des repas. Elles peuvent donc être évitées en majeure partie. Pour cela, il faut procéder à une éducation systématique des fondamentaux de l’hygiène alimentaire. Mai 2005 à Casablanca, 113 restaurateurs ont été fermés pour non-respect des normes d’hygiène et de salubrité alimentaire. Ces mesures concernaient 23 restaurants, 46 snacks, 32 laiteries, 6 crêperies et 6 glaciers. Un coup dur pour le quotidien des Casablancais habitués traditionnellement à manger à l’extérieur. Même dilemme du côté des sites utilisés par les chercheurs d’or. La population est constamment intoxiquée au Mercure par l’intermédiaire des poissons. Un produit utilisé pour révéler les précieuses pépites dorées. Cela provoque la Maladie de Minata : perte de la force musculaire, problèmes de coordination, de vision, d’audition et comportements anormaux.


Agriculture : Ce qui pousse dans nos assiettes

De l’affaire de la vache folle en 1996 à l’alerte des poulets à la dioxine en 1999, en passant par la fièvre porcine ou les OGM, l’agriculture est sur les dents. Il faut sans cesse produire plus et que les animaux grossissent plus vite. 75% de notre nourriture est d’origine industrielle. La maladie de Kreutzfeld Jacob était d’ailleurs monnaie courante dans les tribus cannibales. Nous continuons tout de même à alimenter nos élevages de farines animales. Et ceux qui sont devenus végétarien sous prétexte que les salades ne sont pas des êtres vivants consomment en échange des légumes nourris aux pesticides.

De plus, l’utilisation des antibiotiques dans l’alimentation provoque notre accoutumance, et donc la résistance des microbes face aux vaccins. La vancomicine est un antibiotique qui est interdit en pharmacie pour cette raison. Cependant, les industriels de l’agroalimentaires réussissent à se le procurer sous une autre appellation pour nourrir leurs bêtes. En 1999, des scientifiques de 13 pays ont signé une pétition pour réhabiliter un chercheur de l’Institut Rowett. Le professeur Arpad Pusztai avait été censuré après avoir révélé le résultat de tests sur des rats nourris avec des pommes de terre génétiquement modifiées. Les sujets montraient une modification significative de leurs organes suite à ces expérimentations. Au rayon des OGM, il faut savoir également que le, désormais célèbre, colza a été notamment modifié afin de résister face au désherbant. Mais ce colza a transmit ses gènes de résistance aux plantes environnantes.


" Certains viticulteurs ont clarifié leurs vins avec du sang de bœuf. "


Selon l’Expansion, 16 000 tonnes de beurre ont été mélangées à du suif de bœuf, des carcasses animales, des produits chimiques et des hydrocarbures. Ces produits ont été vendus en France, en Italie et en Belgique par une mafia napolitaine. En France, ils auraient été importés par la société Sodepral, basée à Nogent-sur-Marne, sous forme de beurre pâtissier. Ainsi, le groupe aurait pu revendre cette contrefaçon à de grands groupes laitiers comme Entremont, Lactalis, Sodiial, les Fromageries Bel et Fléchard.


Le vignoble français subit aussi les assauts du mondialisme mercantile. Dans plusieurs régions, on ne produit plus vraiment du vin, mais on le fabrique. Grâce aux progrès de la science, certains viticulteurs donnent à leur vin un goût plus conforme aux critères œnologiques : levures aromatiques, cryoextraction, osmose inverse, surboisage, etc. Le prétexte entendu est que les pays étrangers le font depuis longtemps et de manière plus automatique. En 1997, le premier ministre chinois a encouragé ses compatriotes à préférer le vin aux alcools traditionnels à base de céréales. L’export vinicole français a donc connu un formidable essor en vendant de grands crûs, mais aussi d’âpres piquettes. En 1999, certains viticulteurs du Gard et de la Drôme voulant profiter du système ont clarifié leurs vins avec du sang de bœuf. Un scandale survenant en pleine période de la vache folle et de l’ESB... Depuis, les exportations ont diminué considérablement en Chine. Le vin français est surnommé là-bas le " vin à la vache folle ".


Traditions : les plats font de la résistance

Des aliments naturels, privés de tous traitements artificiels, peuvent tout autant nous inspirer du dégoût. Tout est une question de culture et de ressources. Dans certains pays asiatiques, seul le riz est en commun avec notre alimentation occidentale. Au marché, on trouve en vrac : de la gelée de tortue, de l’omelette au cerveau de cochon, du tempura du sperme de poisson, des ratons laveurs, des pattes d’ours ou bien encore du serpent au lait de coco. Les arts de la table sont tellement importants que l’une des façons cantonaises de dire bonjour est " Avez-vous mangé ? ". A Hongkong, on recense pas moins de 30 000 restaurants.

Au menu des réjouissances notamment : du chien et du chat. Pour les Asiatiques, torturer longuement ces animaux avant leur mise à mort rendrait la viande aphrodisiaque du fait de la montée d’adrénaline. Certains chiens sont même électrocutés pendant plus d’une heure avant de succomber. D’autres sont brûlés, égorgés, éventrés ou battus à mort contre le sol dans des sacs fermés… La viande de chien se consomme principalement dans les milieux culturels " luba " (Provinces du Kasaï) à l’occasion de cérémonies. Les carences en protéines animales et la famine ont poussées ces populations à adopter d’autres habitudes alimentaires. De plus, les croyances populaires vantent la valeur nutritive du chien. On prétend qu’il possède des effets bénéfiques sur les maladies des reins et de la rate.


Bien loin de notre image de ce gros bon chien utilisé pour les sauvetages dans les montagnes suisses, les Saint-Bernard sont appréciés en Chine pour leurs vertus culinaires. L’élevage connaît un véritable engouement. En réalité, les fins gourmets ne consomment pas du vrai Saint-Bernard, mais un croisement de chiens locaux avec des chiens pur race. Sans ça, le prix de revient serait très cher. Ce chien est utilisé en raison de son poids, pouvant atteindre jusqu’à 100kg, sa résistance physique et son bon rapport qualité-prix. En effet, il grossit très vite et mange assez peu. Le kilo de viande coûte 17 yuans dans le nord-est du pays, voire 20 yuans dans les environs de Pékin. Une véritable compétition face au porc. La Suisse se défend d’avoir importer des animaux pour favoriser ce commerce. Autre plat insolite de la cuisine chinoise : les œufs de cent ans. Il s’agit d’un plat populaire très recherché, utilisé en hors-d’œuvre. Ces œufs vieillissent pendant un peu plus de deux mois dans un mélange de boue riche en chaux, en thé, en cendre et en bicarbonate de soude. La chair devient ainsi translucide et de couleur vert bleutée. Les œufs de cent ans de Shanghai sont très réputés dans le Monde. Pour les courageux, vous pouvez vous en procurez en France dans les magasins d’alimentation asiatique.


Au rayon des excentriques, nous trouvons également les entomophages. Autrement dit : les mangeurs d’insectes. Terrine de grillons, ragoût de sauterelles, suprême de larves, grillons au chocolat, sorbet au grillons ou insectes pochés, … Nous pourrions croire à une blague, mais il n’en est rien. Ces plats existent bel et bien. Dans de nombreux pays comme l’Afrique du Sud et une partie de l’Amérique latine, les insectes sont couramment consommés et appréciés pour leurs qualités gustatives. De plus, cela pourrait être une solution idéale pour lutter contre la famine dans les pays les plus pauvres. Juin 2005, l’Insectarium de Montréal (Canada) a organisé " Croque-insectes en fête " afin de promouvoir l’entomologie.

Ces entomophages possèdent plusieurs arguments pour vous aider à franchir le pas. Tout d’abord, des peintures rupestres en Australie représentent la consommation de fourmis, qui étaient recueillies grâce à du miel. En Colombie, cette pratique s’effectue encore avec le " caviar de Santander ". Il s’agit d’hormigas culonas (" fourmis à gros cul ") que l’on passe vivantes à la poêle pour les consommer sans ailes, ni mandibules. Au temps des précolombiens, les fourmilières étaient même des propriétés privées dont on se disputait la franchise. En Afrique du Sud et dans le Japon moderne, on mange des chenilles dans du riz cuit, assaisonnées de sucre et de sauce au soja. Le deuxième argument des entomophages est de fermer la chaîne alimentaire. En effet, une larve de mouche se nourrit d’excréments de poulets qu’elle transforme en aliments pour la volaille. L’homme effectuerait le même cycle s’il s’adonnait à la consommation d’insectes.


En Espagne, les testicules de taureau sont très prisés, tandis que les Esquimaux se régalent de têtes de poisson pourries pendant 5 mois. Les Inuits dégustent la viande de phoque crue, à même la bête. En France, le fromage de Sardaigne aux asticots a ses adeptes. Il s’agit d’un fromage affiné pendant une dizaine de mois afin que les mouches viennent pondre sur sa croûte. En Birmanie, on peut consommer des chips de peau de buffle qui se consomment croquante avec un peu de paprika et de sel d’oignon. Les cow-boys, quant à eux, adorent les huîtres de montagne panées. Le goût ressemble au calamar. Toujours du côté des curiosités, les aventuriers pourront tester les tétines de truie, le jarret de porc à la bière de chocolat ou les beignets de poulet sauce hémorroïdes.


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