Publié par Le Progrès


Revenant d’un tournage mouvementé en Georgie (Caucase),
Sylvie Testud effectue sa rentrée sur scène et dans sa ville natale. Elle répète « La Pitié Dangereuse » (Zweig/Faure) au Théâtre de la Croix-Rousse de Lyon du 29 septembre jusqu’au 21 octobre.

 

Sylvie-Testud.jpgRacontez-nous l’histoire de « La Pitié Dangereuse »…
C’est l’histoire d’une dictature sociale. L’amour impossible entre une paralysée et un jeune officier dans l’Autriche de 1913. Une réplique suffit à résumer la pièce : « Je suis votre contraire. Vous êtes mon contraire. Est-ce que cela fait de nous des étrangers ? » Cela me fascine de savoir que dans la vie nous sommes attirés par des contraires, sans pour autant être des opposés. Mais attention, ce n’est pas non plus une tragédie grecque. (rires)

Après un César de meilleure Actrice en 2004, pourquoi ce retour au théâtre après 4 ans d’absence ?
Le théâtre est un espace clos contenant de nombreuses conventions. A la différence de mon personnage dans « Stella » (Johann Wolfgang Goethe – 2001), celui-ci est plus complexe et ambigu. C’est donc un véritable défi pour le jeu d’acteur. Une recherche constante de subtilité. Je trouve que c’est une formidable adaptation de Philippe Faure. Contrairement au livre de Stefan Zweig, la pièce s’émancipe du « pathos » et le piège se resserre vraiment sur les deux protagonistes. On sent l’omniprésence du regard de la société qui sépare ces êtres amoureux. J’espère pouvoir faire oublier l’handicape du personnage au public.

C’est important pour vous de jouer cette pièce à Lyon ?
Bien sûr, cela me permet de retrouver ma nourrisse. (rires) Et puis c’est chouette de se sentir soutenue par sa ville. C’est une lourde tâche qui me stimule. Mais par pitié, ne faîtes pas comme le reste de la presse, ne titrez pas votre article par « L’enfant de Lyon »…

Le film « La vie est nous » de Gérard Krawczyk (Fanfan La Tulipe,Taxi2 et 3) avec Josiane Balasko, Eric Cantona et Michel Muller va sortir le 7 décembre…
Je ne peux pas vous en dire plus, je suis très nulle pour la promotion. J’avais adoré regarder son film « L’été en pente douce » (1987). J’ai pris beaucoup de plaisir à jouer pour lui la « pulpeuse ». Je devrais être enceinte plus souvent.

Vous avez tourné le court-métrage « Je veux descendre » sous le pseudo de Sylvie Voyer, avec comme actrice Elodie Bouchez. C’est une expérience que vous aimeriez renouveler ?
C’était juste un concours de circonstance. On m’avait donné de l’argent pour développer une « connerie ». Je recommencerai si l’occasion se représente. Je n’aime pas planifier.

Après « Il n’y a pas beaucoup d’étoiles ce soir » (2001), vous avez publié un second livre « Le ciel t’aidera » paru chez Fayard cette année. On a le sentiment que vous multipliez les expériences pour enrichir vos réflexions personnelles…
Exactement. Il y a probablement de l’égoïsme derrière tout ça. J’étais enceinte, donc oisive. Je suis contente parce que cela m’a permis de montrer mon côté « flippée » et de me libérer. Je suis une véritable « bête de psychanalyse ». Se diversifier, c’est aussi fuir la routine et se défouler. Et ne vous inquiétez pas, je chante très mal… Maintenant : priorité à ma vie personnelle. Mais c’est vrai que l’acteur a un côté narcissique. Et les danseurs, c’est pire. (rires)

Une anecdote particulière pendant les répétitions ?
Benjamin Egner, mon partenaire de jeu, possède les mêmes baskets que moi. Un modèle assez rare. Il m’a tout de suite dit : « C’est un signe ». Nous verrons bien. En tout cas, ce que je peux vous affirmer, c’est qu’il y a vraiment une très bonne ambiance entre les acteurs.


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Isabelle Martin - Chargée de Communication Théâtre de la Croix-Rousse
« Il était fondamental de commencer notre saison par une création. Philippe Faure, le directeur du Théâtre, a l’habitude de réaliser des adaptations et en a fait une de nos spécialités. Le choix des acteurs nous a paru évident quand nous avons commencé le projet en 2002. C’est une distribution à l’image de notre Théâtre : simple et familiale. Désormais, nous avons vraiment hâtes de faire découvrir la pièce au public. La pitié est un sentiment qu’il nous est impossible d’ignorer. »


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