Publié par C'Est Enorme


Le digne héritier de Microsoft met un tigre dans son moteur


Près d’un an après son entrée en Bourse, Google reste le moteur de recherche le plus utilisé au monde. L’actualité de cette firme de la Silicon Valley (Etats-Unis) est intense et semble ne pas s’arrêter en aussi bon chemin au vu de son augmentation de capital. Les quelques 7 milliards de dollars du groupe californien devraient servir aux prochaines acquisitions de cette année. En effet, Larry Page et Sergey Brin, les PDG de la start-up américaine, ont une quantité de projets en tête. Même les guerres intensives que leur mènent Yahoo! et Microsoft ne semblent pas les inquiéter. Dans la dynastie de l’informatique, il y a eu IBM, puis Apple, et enfin l’empire de Bill Gates. Rachats de start-up, méthodes de recrutements douteux, licenciements abusifs ou encore suppression des clauses de confidentialité : le nouveau prétendant au trône prépare un coup d’état historique. Big Brother ne meurt pas, il change tout simplement de nom. Rumeurs, projets et extensions, voici un petit tour du propriétaire.


google-logo.jpg


En 1996, deux étudiants de l’université de Stanford aux Etats-Unis lancent le projet « Backrub ». Il s’agit d’une méthode d’analyse des liens dirigeant vers un site Internet. En septembre 98, Sergey Brin et Larry Page décident alors de monter Google Inc. avec l’aide d’un des fondateurs de Sun Microsystems : Andy Bechtolsheim. A la fin de l’année 98, le futur moteur de recherche traite quotidiennement 10 000 requêtes. En février 99, il en comptabilise déjà 500 000. En septembre 99, c’est plus de 3 millions de recherches qui sont enregistrées quotidiennement. Le 21 septembre, la phase du test est donc terminée.

En juin 2000, Google devient le moteur de recherche le plus complet au monde en référençant près d’un demi milliard de pages web. La société commence donc à s’étendre en vendant son outil aux entreprises, en signant un partenariat avec Yahoo! et en lançant la Google ToolBar (accès direct aux recherches, recherche d’un mot dans le texte, anti-fenêtres publicitaires).

2001 est l’année où Google devient rentable. En mars, Sergey Brin et Larry Page, les fondateurs, nomment Eric Schmidt, l’ancien patron de Novel, à la tête du groupe. Ils estiment qu’il saura mieux gérer la société que deux jeunes de 27 ans. A la fin de l’année Google référence 3 milliards de pages Internet, lance une interface disponible en 26 langues et la possibilité de faire des recherches d’images. En 2002, la société lance Adwords (liens promotionnels); Google Actualités et Froogle (comparateur de prix). En 2005, le moteur de recherche peut rechercher des données sur votre ordinateur avec Google Desktop ou affiner vos résultats en fonction de vos recherches précédentes avec Google Personalized Search.

Google Earth et Google Moon : a spy game
Google Earth est un logiciel de cartographie gratuit. Destiné à un usage personnel, il permet de visualiser des images satellites en zoomant sur les parties désirées. Même si il reste quelques légères zones grisées par faute d’actualisation, le résultat reste relativement impressionnant. Il vous est autant possible de visionner la Tour Eiffel, la grande muraille de Chine ou bien votre maison si elle se trouve dans un endroit fréquenté. Avant son lacement, le moteur de recherche avait lancé Google Moon pour visualiser la lune, et notamment là où se sont posé les missions Apollo. Google Earth est basé sur un répertoire de photos s’affichant quasiment en temps réel. La base de données devrait s’étoffer rapidement. Pour l’instant, les images à hautes définitions sont réservées à certaines grandes villes, dont principalement les Etats-Unis.

Il existe deux versions supplémentaires et payantes de ce logiciel : Google Earth+ (20 dollars) et Google Earth Pro (400 dollars). Seul inconvénient, l’application nécessite de nombreuses ressources. La configuration minimum recommandée est un P4 2.4 GHz ou un AMD 2400 XP avec 512 Mo de RAM et une carte graphique d’au moins 32 Mo de mémoire. Pour compléter l’application, Google Map permet de rechercher les lieux de commerce, les bâtiments historiques et les lieux publics. Il va désormais être facile de jouer les espions.

Google Print : à livre ouvert
Google Print est l’un des projets dont on a entendu le plus parler dernièrement. En 2004, la start-up californienne a annoncé son intension de lancer une gigantesque vague de numérisation des livres. En six ans, elle veut s’attaquer à plus de 15 millions d’ouvrages. C'est-à-dire près de 4,5 milliards de pages qui proviendraient de quatre prestigieuses bibliothèques américaines et d’une basée en Angleterre. Le projet n’a pas pour but de s’attaquer au marché du livre, mais bel et bien d’effectuer ses recherches sur Internet en puisant ses sources directement dans les livres, et non d’après des sites Internet. Finit les interminables après-midi dans les bibliothèques poussiéreuses pour réaliser de nombreuses photocopies d’ouvrages qui ne sont accessibles que sur consultation.

Pour l’instant, la numérisation a été momentanément arrêtée afin de régler les problèmes de droits d’auteurs avec les maisons d’édition.

Mais ce projet a provoqué une levée des boucliers. Les bibliothèques nationales de 19 pays européens ont signé une motion contre Google Print. Elles désirent effectuer par elles-mêmes le choix des œuvres littéraires dans ce vaste programme de numérisation des livres. L’Europe va réfléchir à une stratégie commune dans la diffusion de ces patrimoines nationaux en assurant sa propre diffusion. En mettant en accès libre la culture américaine, elle craint que la culture anglo-saxonne ne soit imposée au monde et aux générations futures. La culture et les ressources de certaines civilisations peuvent être effectivement altérée si la mémoire numérique prédomine dans le futur.

google2.jpgGoogle Talk contre Msn Messenger
Toujours soucieux de sa stratégie de diversification, Google s’est lancé dans la messagerie instantanée. L’interface est simple, sobre et sans publicité. Il vous suffit de posséder une adresse de messagerie chez Google, comme pour ses concurrents Yahoo et Msn Messenger. Le logiciel est même accessible de Trillian et de Gaim, deux applications permettant de converser avec des utilisateurs de services de messagerie instantanée différents. Google Talk possède l’ensemble des capacités habituelles : conversation audio, lien vers son adresse e-mail, la sauvegarde des discussions, l’ouverture du logiciel dès le lancement de Windows, choisir les sons des alertes, etc. Enfin, aucun logiciel espion n’a été détecté.

Petit bémol temporaire, le transfert de fichiers et les discussions en groupe ne sont pas encore accessibles. Enfin, le logiciel ne possède pas d’arrière-plans et d’émoticones. Pour utiliser Google Talk, il vous suffit au minimum de posséder Windows 2000 ou XP. Et grâce à MessageVine, Google Talk va également plus loin. La messagerie est désormais accessible sur les téléphones mobiles.

Google AdSense et AdWords : publicités interactives
La publicité de Google est basée sur le texte, et non sur des bannières, comme habituellement. Quand vous formulez une recherche, des liens commerciaux s’affichent sur la colonne de droite. La nouveauté de ce système permettait une « publicité interactive » qui s’affiche suivant les critères de la requête. Ainsi, les liens commerciaux sont ciblés et favorisent des visites plus soutenues de la part des internautes. Les utilisateurs les lisent comme si il s’agissait de contenus. De plus, une option permet de les bloquer.

Google blog-t-il ?
Un blog est un site dont la structure est simplifiée et assistée. Nul besoin de s’y connaître en programmation, il s’agit d’un site Internet « tout en un » qui permet de poster des informations tous les jours sous forme de billets. L’utilité est la démocratisation de la création des sites, le renforcement du contenu sur Internet, la multiplications connexions vers d’autres sites Internet qui entraînent un référencement plus efficace dans les moteurs de recherche, et la flexibilité de sa structure qui permet à quiconque de répercuter ou de compiler une information. A chacun de choisir ensuite la finalité qui lui convient : journal intime, blog professionnel et thématique ou service après-vente en ligne. La grande révolution provient notamment du fait que chaque internaute peut laisser un commentaire par rapport aux textes écrits.

Le rachat de Blogger par Google a provoqué de vives réactions où les observateurs craignent que la puissance n’altère l’honnêteté de la société pour des raisons de profits. Pour l’instant, il n’y a eu aucun faux pas, mais la communauté d’internautes veille régulièrement à la bonne indexation de ces blogs. En effet, les blogs de Google ne doivent pas être favorisés par rapport aux autres, mais être traité selon sa pertinence. Le groupe californien se défend en affirmant que ce rachat s’est effectué dans une logique classique de son évolution. En favorisant les blogs, qui sont par ailleurs sans publicités, Google augmente ses sources de contenu et le ciblage de ses liens. Enfin, les centaines de milliers de blogs pourraient peut-être rejoindre le service de recherche d’actualités du moteur de recherche.

googlegirl.jpgGmail : la messagerie poid lourd
Il n’y a rien d’exceptionnel à mettre en place une messagerie. Mais Google Gmail va beaucoup plus loin avec ces 2 Go d’espace de stockage... Le lancement de Gmail s’est tout d’abord effectué par le bouche-à-oreille, comme l’ensemble des nouveautés de Google. Cela permet de cibler directement les leaders d’opinion, de ne pas dépenser d’argent en campagnes de communication et d’accélérer considérablement la diffusion de l’information en soulignant le côté exclusif. De plus, certaines personnes restent insensibles à la publicité, notamment les informaticiens ou les bloggers qui restent très méfiants face aux ambitions clairement affichées. Ainsi, Google conserve une image lisse, dont filtre très peu d’informations, et sait se faire discret tout en grandissant dans l’ombre. Il est donc courant de voir circuler des versions beta (test) avant les sorties officielles. Cela permet de provoquer un gigantesque buzz et de corriger les derniers défauts de l’application après un premier retour des utilisateurs. Pour la messagerie Gmail, Google diffusait un code par SMS aux Etats-Unis pour pouvoir créer un compte. Ensuite, l’abonné pouvait inviter une centaine de ses connaissances à profiter de la soi-disant exclusivité.

Google News adopte le RSS
Google News se met à la syndication. Le flux RSS (Really Simple Syndication) est, en simplifiant, une « deuxième version » d’un site Internet. Mis à la disposition des internautes, ce fichier contient toutes les mises à jour réalisées sur le site sélectionné, envoyé directement sur votre ordinateur. L’utilité de cette véritable révolution dans la navigation en ligne garantit donc votre anonymat et vous évite de vous connecter au site pour regarder si le contenu a changé. Dans le cadre des blogs dont l’administration et le rafraîchissement des informations se fait de manière alternative et non régulière, son utilité est plus que bienvenue. Les informations sont envoyées au choix sur votre messagerie Internet ou via un logiciel spécifique. De plus, les flux RSS sont considérés comme des e-mails, donc ils ne souffrent pas des mesures anti-spam qui bloquent les newsletters de publicité.

La version française Google Actualité ne possède pas encore ce système. Le RSS ne vient pas non plus remplacer les Alertes par e-mails. Dernièrement Google teste son système de publicité textuelle pour pouvoir l’intégrer dans ses flux RSS.

Et après ?
Google assure sa relève en misant sur la créativité des étudiants. La société va financer à travers son programme « Summer of Code » ceux qui apporteront leur contribution au logiciel libre. 400 étudiants chinois ont été sélectionnés en juin dernier. Les plus brillants recevront 4000 dollars, tandis que les autres s’en contenteront de 500.

De nombreuses rumeurs encore circulent sur Google : une association avec le lecteur multimédia I Tunes (Apple) pour une version en ligne, la vente de billets en ligne ainsi que la localisation des cinémas et des salles de spectacles, le rachat de Technorati (référencement des blogs), la création d’Orkut (un club privé mondial et en ligne), un système d’exploitation Google OS ou encore du vidéo plugin (ébergement de films amateurs). En matière de vidéos, la société teste déjà son moteur de recherche spécialisé.

La plus plausible d’entre elle serait la création de GoogleNet, un réseau Internet sans-fil (connexion Wifi) couvrant la plupart des villes américaines. L’accès au web serait donc totalement gratuit. L’industrie des télécoms a en tout cas confirmé d’importants achats de fibre optique. A suivre donc… Aux dernières nouvelles Vinton Cerf, l'un des pères fondateurs d'Internet vient d'être engagé par Google.

SUITE
> hors-texte


Commenter cet article