Publié par Le Progrès

Le Ninkasi (Lyon), vivier de découvertes et de concerts réparti à travers son Kafé et le Kao, est reparti pour une nouvelle saison. Rencontre avec Thierry Pilat, son programmateur.


 

L’action du Ninkasi, c’est à la fois une programmation alternative au Transbordeur (Villeurbanne) et un soutien à la scène locale ?
Nous ne sommes pas dans les mêmes dimensions que le Transbordeur. On ne peut pas nous comparer. Il y a une notion d’artisanat dans notre action, qui fait la part belle à l’éclectisme. Le Ninkasi n’est pas un lieu branché, mais populaire. Notre activité première est la diffusion.

Parlez-nous des résidences qui sont prévues…
Dans deux semaines commence celle de Simeo, un jeune chanteur lyonnais qui réalise de la chanson française énergique. Contrairement à Marie Cosmos, la saison dernière, Simeo possède déjà un encadrement pro. Nous recherchons donc encore pour janvier 2006 un fort potentiel artistique au stade zéro des contacts. Nous accueillerons aussi en résidence les grenoblois Rhésus.

Quelles ont été vos plus grandes fiertés en programmation ?
Incontestablement le concert de Muse en 98. Ils avaient mis le feu aux poudres et sont d’ailleurs revenus boire un coup ici quand le groupe est passé à la salle Tony Garnier. (rires) Je pense également à Moby, Dionysos que nous avons beaucoup soutenu, Mickey 3D ou bien encore Gonzales qui a serré la main à tout le public.

Vous êtes le mieux placé pour nous parler de la scène locale…
Nous n’arrivons pas à trouver la relève de notre scène dub lyonnaise (Meï Teï Shô, Peuple de l’Herbe, High Tone, …). Il y a bien des groupes, mais pas l’originalité. Nous sommes contents de la création de la scène Perrache. Elle permettra de rehausser le niveau.

Quelles sont vos coups de cœur en programmation cette année ?
Bertrand Burgalat ne vient plus avec les AS Dragon. Il a été remplacé par un confrère : Patrick Eudeline (rires). En terme de coup de cœur, je suis très heureux d’avoir réussi à réunir le même soir Rubin Steiner et Puppetmastaz. Sinon, nous attendons avec impatience les rennais Orange Blossom et les angevins La Phaze.

Comment la salle s’en sort-elle pour allier rentabilité et découverte ?
Il a été difficile d’équilibrer l’amortissement des murs de la salle. Nous nous autofinancons à hauteur de 75%. Le reste provient des subventions. En tout cas, nous ne possédons pas de « locomotives » pour faire de l’argent. Si on restait à un rythme « pépère », les politiques seraient contents. (rires) « Vous n’êtes pas tout seul », nous disent-ils. Mais nous préférons aller de l’avant.

Parlez-nous du projet Ninka TV …
C’est une chaîne de télévision interne qui diffusera des clips, des concerts du Ninkasi, des extraits des résidences ou encore la présentation d’autres bars en centre-ville. Dans 15 jours, 30 minutes de programmes seront lancées. Sur la saison, il faudra compter sur 3h par semaine. Certains sujets seront en téléchargement sur Internet. Aucune régie publicitaire n’a été prévue pour ce projet. A l’avenir, des courts-métrages pourraient être diffusés.

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