Publié par Le Progrès

Depuis 2003, le phénomène des « flashmobs » frappe les principales métropoles mondiales. La capitale du Rhône devrait subir un nouvel assaut de ces foules éphémères le 8 octobre.


22octobre2005-3.jpgLes « flashmobs » sont une évolution des happenings des années 60. Parmi les happenings les plus connus se trouvent les sit-in qui ont notamment permit d’alerter le gouvernement américain sur l’opposition de l’opinion publique face à la guerre du Vietnam. Ces actions pacifiques au caractère spectaculaire permettaient d’alimenter notre soif constante d’images et sa reprise logique dans les médias.

Mais contrairement au courant hippie, les « flashmobs » n’ont pas pour but de véhiculer un message spécifique. Les participants ne se connaissent pas. Ils viennent sur le lieu et à l’heure qui leur a été indiqué par e-mail le jour même. Sur place, la foule applique durant quelques minutes les instructions fournies par les organisateurs. Après chaque action, la foule est priée de se disperser et de ne pas lier contact entre elle. Il s’agit d’acte ludique et rapide qui fait appel à l’humour. Il n’y a aucun motif, ni de raison particulière à rechercher derrière ces actes. Juste le plaisir inconnu de se fédérer à une action invraisemblable et neutre.

Le phénomène est né à New York pendant l’été de l’année 2003. Un internaute aurait envoyé un e-mail à son entourage afin d’organiser un événement dont le nom de code était « projet foule ». Résultat : le 17 juin à 19h27 précises, près de 200 personnes se sont rassemblées au magasin Macy’s dans Manhattan pour demander aux vendeurs où trouver « un tapis de l’amour » pour leur loft, situé dans le quartier du Queens. Quelques minutes plus tard, la foule s’est dispersée aussi vite qu’elle s’est rassemblée. Le premier flashmob français a eu lieu à Paris le 28 Août 2003.

Très rapidement, le phénomène est repris dans le monde entier et des livres sont même écrits sur le sujet. « Smart Mobs : the next social revolution » de Howard Reingold tente de théoriser et de rationaliser ce mouvement spontané. L’auteur y voit une politisation de l’espace urbain et la réappropriation du pouvoir de décision par le peuple. Manifester sans but, ni objectif, est donc devenu un art inutile, mais fédérateur et stimulant. L’expression de la liberté. A Lyon, deux associations organisent ce type de rassemblement. Il se murmure qu’un prochain événement va justement frapper la ville.

Tournage du clip Calogero
Calogero, le chanteur français, compte utiliser et détourner cette pratique à son avantage en organisant secrétement un rendez-vous éphémère. Des happenings de ce genre sont organisés partout en France pour le tournage de son prochain clip. Son passage à Lyon s'effectuera le 8 octobre. La foule se verra remettre un tee-shirt du nom de la chanson et le lieu du tournage le jour-même.

LIENS
> Calogero site officiel
> Dossier complet
> Hors texe anti-flashmobs