Publié par Longueur d'Ondes


Malgré une programmation du jeudi signée en dernière minute, une mise en vente tardive des billets qui s’en est ainsi suivie et une baisse générale de fréquentation, la 21e édition du plus grand festival musique français a réussi à tirer son épingle du jeu avec notamment 240 000 visiteurs sur 4 jours et une retransmission en direct (assez peu habituelle dans l’Hexagone) des différentes conférences de presse sur Internet.


PortisheadThème de cette année : les super-héros… Et il y en a eu ! Que ce soit déguisés dans le public ou sur scène à travers quelques morceaux de bravoure : Portishead fut hypnotique et étonnamment accessible en interview (bien que le show aurait mérité l’élégance et la claustrophobie d’une arène de pierre) ; Zebda – la prestation autant que les hits – ont rappelé à quel point le temps passe ; Rover a impressionné par son show (et son physique) massif dont la sensibilité a brisé l’apparente armure ; The Cure a rattrapé son concert je-m’en-foutiste d’il y a 10 ans en jouant ses tubes pendant 2h15 (un record !) et en se prêtant au jeu de la conférence de presse ; M83 a martelé son gimmick obsédant (qui ne nous a pas quitté de l’été) ; Sting s’est révélé gracieux (62 ans !) et généreux, n’hésitant pas à modifier ses orchestrations et à taper dans le répertoire de The Police ; C2C montra – contre toute attente ? – que, ce n’est pas parce qu’on a des platines, qu’on ne peut pas faire un show construit, original et intelligent…


Sont, par contre, à mettre au gentil pilori : le grommelant – pour rester poli – (et tristement prévisible !) Bob Dylan, le recyclage fluo de LMFAO, la formation C.U.B.A. accompagnant Roberto y Gabriela (ambiance Club Med pour touristes), le pousse-disques (et rarement les siens) Martin Solveig, Brigitte (moins drôles en interview que sur scène), les patauds Bloc Party encore embourbés dans quelques tensions internes, les métalliques et surestimés Justice ou encore les c’est-sympa-mais-on-les-voit-un-peu-tout-le-temps Gossip.

Enfin, côté jeunes pousses, on suivra avec beaucoup d’attention les pérégrination de la pop rennaise Mermonte (gagnant du tremplin de cette édition).




PS :
à l’heure où l’ex-rebelle et chanteuse Madonna fait doucement polémique avec son portrait de Marine Le Pen amalgamé avec celui d’Hitler, peu semble avoir relayé – ni trouvé choquant (pour elle ? pour lui ?) – le fait que Portishead projette pendant son concert le portrait de Nicolas Sarkozy avec les yeux de Marine Le Pen, puis inversement. Comme quoi…

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