Publié par Blog Rock en Seine


ROCK EN SEINE 2011// Sorcières ! Impuuures ! Pour peu, les deux prêtresses du psyché-folk se seraient autrefois fait brûler pour tant d'hérésies sonores et au nom de quelques poncifs académiques. Une folie impardonnable, car qui mieux que les Nord-américaines pour habiter les complaintes hantées et les hymnes grinçants ?


Un piano minimaliste, une réverb' fantomatique et un univers entre cauchemar et réalité... Le chant des cygnes, cousines de Björk, est à son apogée. Des trophées plein les cheveux et des cordes d'harpe plein les doigts, elles s'élancent de leurs voix fluettes et cristallines, de ce souffle qui s'étrangle dans les coins.

Ambiance chamanique, ralentie. Les pythies, prêtresses fanatiques d'un culte invisible, contorsionnent les rythmes et suspendent l'instant. Les couches sonores ? Elles se superposent en boucle, au son d'un patchwork esthétique étrange. C'est un théâtre des ombres qui se joue ici, une pièce hybride et rafistolée. Une musique cyborg, dont on ne sait si elle est profondément contemporaine ou anachronique. Mais en tout cas, habitée.

La scène est irréelle, immense coffre à jouets foutraque à ciel ouvert et au charme étrange. Unique. L'ensemble s'anime machinalement, comme un ballet de pantins, après que les auteures eurent volé le maquillage de leur mère. Seules au monde, les petites jouent jusqu'à l'épuisement, à la barbe du croque-mitaine qui guettent l'instant.

Des nouvelles orientations du dernier album, on en aperçoit quelques respirations : là où précisément le hip-hop tutoie l'onirisme lyrique. Et que dire de cette reprise hallucinée de Kevin Lyttle ? Un de ces instants où Dieu, ses anges et quelques démons sont invités à faire hurler les jeux d'enfants, hululer les grésillements.

Magique, tout simplement.


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