Publié par Webcover officielle Rock en Seine


Eternelle grande gueule aux épais sourcils, le photographe lyonnais succède aux illustres Claude Gassian, Youri Lenquette ou encore Robin en exposant 40 grands formats réalisés en argentique dans le cadre du festival Rock en Seine. En 2007, il a sorti un recueil de ses photographies "Un œil sur la musique 1982-2007". Rencontre.

Richard-Bellia.jpgQuelle est la genèse du projet ?
La rencontre avec les organisateurs s’est effectuée en hiver dernier. En amont, nous avons fait un gros travail sur la sélection pour proposer un vrai mariage graphique. L’important était de voir si les photos se répondaient et de ne pas axer la lecture sur des uniques portraits, mais également sur des objets ou des écrits rock. Exemples : la carte de membre du Tabou de Boris Vian, le club de jazz de Saint-Germain-des-Prés, ou bien les graffitis laissés par les Sex Pistols dans leur ancien squat.

Te sens-
tu une filiation avec les autres photographes qui ont été exposés dans le cadre du festival ?
Je m’attendais à cette question, mais n’y ai jamais réfléchi ! Un peu… Je les connais pour la plupart, à titre perso. D’ailleurs, c’est Youri qui a pris la photo de moi sur mon bouquin. Ce que nous avons tous en commun, c’est que le rock ne nous attendait pas. On a donc du tapiner pour manger et survivre dans ce milieu hostile.

Exposé à Rock en Seine, n’est-ce pas une sorte de mausolée ?
Etre enterré dans un parc du 92, ça ne ressemble en rien à un panthéon, faut pas exagérer… Cela dit, les gens se disent touchés par mon travail. Ca fait plaisir. Je pense souvent à un pote journaliste, qui est l’auteur de la biographie d’Indochine : typiquement le genre de job qui te met à l’abri des compliments ! (Rires) Je me suis rendu compte que mes photos n’ont un sens que dans une globalité, non dans une unité. Depuis, je travaille sur ma propre narration. Je prépare à ce titre une réédition de mon bouquin avec cent quarante pages supplémentaires.

Avec 30 ans de photos rock au compteur, on se blase de la scène actuelle ?
C’est difficile de s’exciter sur des artistes numériques qui font carrière avec des titres en mp3, enregistrés avec Pro Tools et Auto-Tune. J’ai la décence de ne pas faire mes photos en numérique. J’apprécierais qu’en retour, ils mettent un peu de vie dans leur travail.  

Fétichiste ?
Oui ! C’est une quête. Comme pour avoir un pass pour couvrir Bowie. C’est grisant... Mais attention, je ne fais pas du Mao ou des t-shirts. Je ne veux pas faire chier, ni imposer mon truc aux autres. Pendant le festival, je ferai juste mes visites guidées tous les jours à 17h, puis un travail sur l’argentique avec trois autres compères et un développement en chambre.

Une actu à venir ?
Mon nouveau livre s’appelle « Sex and rock and roll ». Il compile mes photos où l’on voit du sexe et de la musique. J’ai plus de dix expositions prévues d’ici la fin de l’année, et donc, autant de vernissages. Il y a même la bite et les couilles de Jimi Hendrix en couverture ! Une photo au moyen format en lumière naturelle, super jolie...  Et je te préviens, si tu n’écris pas tout ce que je viens de raconter, j’te casse la gueule ! (Rires)

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