Publié par Webcover Vieilles Charrues


C'est lui la taupe, le corbeau du festival. Ca fait 11 ans que ça dure et tout autant qu'on lui court après. 11 ans que ce vieux brigand, dont on connaît peu le visage, tient les rênes du site non officiel des Vieilles Charrues. Il fallait bien un duel pour demander réparation... Rencontre en toute clandestinité.


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Oubliez Nicola Sirkis ou Jason Kay. L'homme le plus recherché du festival, c'est lui. Bandit masqué, ses écrits sont plus connus que son visage. Rendez-vous était pris donc, en catimini, aux abords de l'Espace Presse. Loin de l'ado pré-pubère, l'homme est fuselé comme une dynamite, le sourire en coin et le cheveu bouclé. Assez furtif et vaurien pour passer inaperçu dans une banque aussi gardée que les Charrues.

Retour en arrière : 1999, le festival débarque sur les terres de Kerampuilh. A l'autre bout du champ, une autre institution pose sa première pierre. Le site non officiel des Vieilles Charrues était né. « A l'époque, j'étais beaucoup plus branleur qu'aujourd'hui ! Faut dire que j'avais 22 ans... », résume OlivD. L'idée de base ? « On voulait chier dans les bottes du site officiel, parce que dès qu'il y avait 40 connexions, il crashait. »

Il faut dire qu'à l'époque, et cela peut faire sourire maintenant, c'était l'arrivée du mp3. Plus qu'une révolution, une véritable aubaine pour ce no man's land subversif qui va gagner ses premiers adeptes en distribuant à la volée des vidéo
s pirates. L'occasion également de combler un manque et de jouer les Robin des Bois de santal. « Il n'y a eu que Bénabar qui nous a demandé gentiment de retirer son concert. A l'époque, cela avait fait du bruit, car nous avions écrit une brève là-dessus. » Et le live de Ben Harper ? Ce sont les seuls à le décrocher...

OlivD.jpgAujourd'hui ? OlivD est ambulancier, près de Lorient. L'informatique, c'est du passé (une histoire de femme là-dessous). Pas de problème, la machine est en marche avec plus de 7 000 connexions/jour (200 l'hiver) et les indics sont partout. Pour preuve, le mini-drame cette année à la publication de la programmation, 4h avant l'annonce officielle. « On ne maîtrise pas tout, car nous avons un fonctionnement collégial. On ne veut pas mettre dans l'embarras l'association. A l'avenir, nous serons plus attentifs. » L'écueil est vite pardonné.

Invité du festival, OlivD essaie de garder malgré tout une distance, conscient de son statut privilégié. Il shoote des concerts et interview des artistes de la scène Grall, tandis que ses autres compagneros écrivent et notent les set-lits des concerts. « On le prend comme un privilège. On n'est pas là dans un trip d'égo. Pour nous, c'est la fête quand nous sommes accrédités, même si nous ne faisons pas ça pour ça. »

Une frustration ? « Le concert de Bowie annulé ! » Une envie ? « Beastie Boys, sans réfléchir ! » Un cowboy ? « Clint Eastwood, car j'adore Gorillaz... » L'homme répond du tac-au-tac. Beau parcours pour un kid qui a monté, il y a plus de 10 ans, un site avec son ami Zebatt et dont les brèves sont désormais citées par les médias.

Et le rêve ultime d'OlivD ? Redevenir festivalier... Bon esprit, définitivement.


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