Publié par Gazette de l'Ouest - Vieilles Charrues

Vieilles Charrues 2010 : interview Alain Souchon

Qu’est-ce que cela vous fait de fouler la prairie des Vieilles Charrues ?
Je vais être honnête : je déteste chanter en plein air ! Mais bon, je me suis toujours fait disputer par mes amis chanteurs : « Quoiii ? Tu n’as jamais fait ce festival ??? » Du coup, j’ai eu honte et j’ai accepté… (Rires) En plus, j’adore le bocage breton, ces petites églises perdues et cette jeunesse qui aime autant le rock que les traditions.

D’autant qu’un festival est un exercice particulier : certains ne sont pas venus pour vous…
Exactement ! Je joue entre -M- et Jamiroquai. J’ai l’habitude : cela fait 35 ans que je chante et j’ai du faire une centaine de festivals. La seule chose que je ne puisse pas faire, c’est prendre mon temps et raconter des histoires entre les chansons, mais ça fait partie du métier. Un jour, j’ai même joué juste après Le Peuple de l’Herbe. Le groupe a été très gentil avec moi. C’était drôle…

Quels sont les qualificatifs qui vous résument le plus ?
La beauté physique, évidemment ! Ce corps d’Appollon… (Rires)

Mélancolique, désinvolte, … ?
Ca c’est gentil ! Vous savez, avec ce que l’on vous fait subir (travail, violence, etc.), on ne peut être que mélancolique et désinvolte face à ce monde. Nous avons une telle dette sociale… Il faut savoir s’entourer d’amis et faire la lumière autour de soi.

C’est important pour vous d’ancrer des chansons dans l’air du temps ?
Essentiel, même ! Je fais ce métier pour cette raison. Du coup, certaines chansons deviennent démodées comme « Allo maman bobo » ou « Bidon » – à l’époque, je voulais être sérieux –, mais il y en a que je rechanterai comme celle sur Arlette Laguiller. J’ai été en colère qu’elle n’est pas donnée de consigne de vote lors de l’élection présidentielle en 2002, mais je reste admiratif des combats sociaux en général, et de cette détermination dans défense de l’opprimé. C’est un véritable don de soi, un sacrifice admirable.

Que pensez-vous du thème du Far West de cette édition ?
Si j’avais à choisir, je serai plutôt du côté des indiens. Le Far West, cela m’a fait rêvé quand j’avais 10 ans. C’était très important pour nous ! Mais plus maintenant. Cela véhicule d’autres valeurs que l’on comprend autrement en grandissant…
 

Alain-Kienast.jpgQui mérite actuellement le goudron et les plumes ?
Je n’aime pas trop jeter l’opprobre sur quelqu’un, mais je trouve que l’équipe de France de football pourrait mériter les plumes. La victoire de la coupe du monde en 98 a fait tellement de bien à Chirac que tout le monde espérait une même euphorie, vu notre morne actualité. Vous savez, en même temps, je dis ça mais je n’y connais rien en foot… (Rires)

Les nouvelles technologies, vous aimez ?
Je n’ai ni portable téléphonique, ni ordinateur. Un comble effectivement, parce que j’adore mon site Internet et je prends plaisir à y poster des vidéos décalés. Internet m’a beaucoup servi pour trouver écrire ma dernière chanson sur le Che Gevara (Ndlr : « Popopo » avec Laurent Voulzy).

Vous suivez de près la carrière de vos fils ?
Ah ça, oui ! Pierre joue dans plein d’endroits. J’aime sa rage, sa façon d’impliquer le public. Quant à Charles, mon Ours à moi (Ndrl : son nom de scène), il va sortir un nouvel album. Dès fois, je viens les voir en douce, sans les prévenir, afin de ne pas leur mettre la pression.

Pourtant, avoir un père aussi important, c’est une sacrée pression…
Vous savez, quand on nait dans un cirque, le mieux pour ne pas devenir fou est encore d’y rester…

Une conclusion ?

« Ils ont des chapeaux ronds, vive la Bretagne… Ils ont des chapeaux ronds, vive les Bretons ! »


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