Publié par Longueur d'Ondes


C’était du 20 au 22 juin, à Clisson (Loire-Atlantique).
Et c'était toujours aussi bien.


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LA CARTE D’IDENTITÉ/ avec pour grand frère le festival allemand Wacken, le rendez-vous de la campagne nantaise est devenu rapidement une référence en Europe pour les groupes heavy metal, hard rock, punk et autres indus. De quoi satisfaire un public large, réparti entre puristes et badauds amusés. Pour preuve, le grand écart régulièrement effectué depuis sa création : Alice Cooper, Scorpions, Guns N’ Roses, Marilyn Manson, Deftones, ZZ Top, Korn ou encore Kiss.

LA PETITE HISTOIRE/ après un essai sous le nom de Furyfest de 2002 à 2005 (à Rezé, puis au Mans), une partie de l’équipe organisatrice décide en 2006 d’investir, sous une nouvelle identité, les alentours de l’ancienne capitale bretonne. Si les réticences idéologiques et politiques (Christine Boutin, Philippe de Villiers, Civitas…) sont nombreuses lors des premières éditions, le Hellfest s’est aujourd’hui banalisé, devenant même le troisième festival français avec environ 139 000 entrées payantes (sur 152 352 personnes) en 2014, derrière les Vieilles Charrues et Solidays.

LES CHIFFRES/ l’enveloppe artistique est de 4,5 millions d’euros (en hausse d’un million par rapport à 2013). L’association, basée à Cugand (Vendée), emploie douze personnes à l’année, puis 200 vacataires et plus de 2 000 bénévoles pendant le festival.

LES NOUVEAUTES/ la vingtaine d’hectares, entourées de vignes, a accueilli pour la première fois une grande roue. Sur l’écran géant, positionné malicieusement au dos de la régie centrale, des tweets apparaissaient en bandeau pendant la retransmission des concerts. Enfin, l’espace presse se l’ai joué décor déserto-apocalyptique à la « Mad Max » : carcasses de voitures américaines, sable, ancienne station d’essence…

Aerosmith.pngLES CONFIRMATIONS/ Iron Maiden – son show massif et sa mascotte emblématique (« Eddie ») en image de synthèse – a prouvé, en annonçant entre chaque morceau le score du match France-Suisse, que les commentateurs de France Télévisions pouvaient se reconvertir ; Status Quo et leurs 22 titres placés dans le Top Ten des charts britanniques depuis les sixties ont, eux, démontré avec dignité que les seniors pouvaient facilement décaler l’âge de la retraite ; les punks Burning Heads et Millencolin n’ont pas si vieilli que ça (nous, si ?) ; enfin, Aerosmith fit un grand show MTVesque avec les lieux communs habituels : ventilateurs dans les cheveux, solos enflammés (guitare comme harmonica), slows imparables, pantalons moulants, avancée de scène surexploitée... Fun, mais sans doute trop huilée pour être sincère.

LES DECEPTIONS/ Deep Purple (notamment en raison d’une voix qui s’essouffle trop rapidement), Rob Zombie (un peu mécanique), Soulfly (qui a malheureusement exclu de son set la plupart de ses titres les plus mélodiques) et… la moustache what-the-fuck de Steven Tyler (chanteur d’Aerosmith).

NOUS AURIONS AIME VOIR/ Sepultura (qui partageait avec Soulfly le titre « Roots Bloody Roots »), Slayer, Soundgarden et Black Sabbath.

ANNULATION NOTABLE/ Megadeth

LES +/ en l’absence d’équivalent hexagonal, le festival aurait pu profiter de son monopole pour se la couler douce. C’était sans compter sur le soin particulier apporté à l’iconographie : sculptures, stands en tôle rouillée, embrassements nocturnes et marchandising exhaustif (bien que rapidement en rupture de stock). Résultats : un public international à la douce permissivité et une majorité de journalistes (650 personnes) qui assument enfin tatouages et t-shirt noir.
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LES -/ toujours ce sentiment étrange, essentiellement en raison du style musical et non du fait du festival : l’absence de représentation ethnique ou métisse dans la foule. Un « white power » heureusement plus visuel qu’idéologique... De plus, être sur les terres du muscadet et le servir en mode piquette a de quoi décourager les plus curieux. Surtout quand la bouteille étiquetée par le festival – et vendue à l’extérieur – s’avère moins indigeste pour l’estomac que celle servie sur place...

L’ANECDOTE/ l’impact économique à l’échelle locale est, chaque année, d’environ 3,6 millions d’euros. Si l’année dernière la consommation de bière sur place était de 140 000 litres de bière et 10 000 litres de muscadet, gageons qu’avec l’incroyable météo de 2014 elle fut… exponentielle.

LA CITATION (Benjamin Barbaud, directeur) : « Nous sommes en plein cœur du vignoble. Le site ne peut donc s’étendre. (…) Plus on augmente la qualité du spectacle, plus les gens sont demandeurs. Il va falloir qu’on se creuse la tête (ndla : pour notre anniversaire en 2015). »

ANNEE PROCHAINE/ les dates de la 10e édition ( !) ne sont pas encore connues. En effet, du fait de la proximité avec celles du bac, un décalage d’une semaine est actuellement étudié.


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