Publié par Longueur d'Ondes

Mélanie Joly, ministre du Patrimoine canadien

Rencontrée à Paris lors d’une table ronde, la membre du gouvernement Trudeau nous précisait que son pays est « le 3e plus gros exportateur mondial de produits culturels »...

Il n’empêche que son pays cherche tout de même à renforcer ses collaborations (notamment avec la France), convaincu que le secteur est un levier économique, touristique et sociale. Un socle transverse autant qu’un cercle vertueux. À quand une même analyse chez nos élus qui se targuent de l’exception culturelle française tout en considérant le domaine comme une soupape d’ajustement aux baisses de crédit ?


Malgré les importantes sommes mises en jeu par le Canada, force est de constater que plusieurs problèmes subsistent : administration française trop lourde, méconnaissance des médias hexagonaux (certaines radios, s’offusquant des quotas francophones, n’auraient pourtant qu’à puiser dans ce vivier outre-atlantique), difficultés à créer des styles endémiques (pour deux groupes similaires, on privilégiera celui français pour des questions de coût), absence d’outil généraliste faisant la promotion de ces exports, manque d’éditorialisation ou de soutien aux médias qui s’en font écho… Résultat ? Beaucoup de one-shot/one-show, sans service après-vente.

Pourtant (influence des États-Unis ?), les Canadiens sont en avance sur le réseautage d’affaires, se servant en particulier des festivals pour échanger des cartes et signer des contrats. Voire n’ont pas cette pudeur hexagonale à lier entreprises et expression culturelle...

Conclusion collégiale de cette rencontre : les artistes québécois doivent davantage s’immerger en France (quitte à y habiter quelques mois), traîner dans les soirées, adapter leur discours, créer une attente avant la sortie de l’album, constituer une fan base… Car si investir dans la création et la diffusion est essentielle, l’effort est vain sans véritable promotion.


> Compte-rendu festival FME 2016

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