GUITARE EN SCENE : Sting loving you
Après une presta sans fausse note du bluesman Joe Bonamassa et avant celle rare des érudits Porcupine Tree, l’ex-The Police a prouvé que – à l’image de son corps immuable – son répertoire ne souffrait pas de l’épreuve du temps.
En périphérie du Montreux Jazz festival et autre Paléo de Nyon résiste un irréductible depuis une quinzaine d’années. De ceux qui, en pleine ère hip-hop, mettent encore étonnamment l’instrument à l’honneur ; convient luthiers et jams improvisées (non enregistrées) ; plafonnent même volontairement leur jauge à 5 000 festivaliers…
Utopie ? L’asso (oui oui !) a pourtant accueilli les Satriani, Scorpions, Deep Purple, ZZ Top, Motörhead, Jeff Beck, Mark Knopfler, Steve Vai, John Paul Jones (Led Zep’) ou encore Midnight Oil... À croire que Saint-Julien-en-Genevois s’est habitué aux sommets pour s’entêter à convoquer le meilleur des vinyles à guitare chaque année.
Qui mieux donc que Sting – certes bassiste [Nik West, l’une des meilleures du genre, clôture aussi la journée] – pour illustrer ce conte à rebours ? Ce temps suspendu entre la gloire et le fromage (savoyard). En coulisses, l’Anglais reste pourtant distant... Flegmatique. Ne desserrant que sur scène les dents… L’homme reste malgré tout éternellement élégant.
Car à 71 ans, la voix et le sourire en coin sont encore là. Le répertoire aussi : sur une vingtaine de hits (qui s’entament sur “Message in the Bottle“), sept sont issus de The Police ; trois seulement sont plus récents... Avec, toujours, des arrangements venant en renfort de l’épreuve du temps. À la fois pour préserver l’hôte, autant qu’en revisiter l’œuvre.
Un show parfait, intemporel et généreux, dont il ne manquait parfois – pour en rompre l’automatisme – qu’un heureux accident.
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