TRANS MUSICALES 2023 : têtes de liste
Du 6 au 10 décembre, ce sera la 45e édition du festival de découvertes de Rennes. Soit : quasi la moitié d’un siècle que son insatiable directeur artistique Jean-Louis Brossard défriche et révèle les élus de demain… Sélection.
Si la programmation des Trans Musicales est scrutée chaque année avec attention, c’est bien parce que le festival peut se targuer d’une longue tradition de "faiseur de rois". En 45 édition, l’événement rennais a en effet médiatisé des artistes aussi divers qu’Etienne Daho (devenu une figure locale), Noir Désir, Mano Negra, Daft Punk, Fugees, Beastie Boys, Stromae ou encore Nirvana… C’est dire tout l’aura et rôle prescripteur de cette semaine intense de concerts autant que son acuité sur les tendances de demain.
Et que peut-on donc déduire de la fournée 2023 ? Son cofondateur et directeur artiste, Jean-Louis Brossard, est formel : « Les musiques électroniques constituent, certes, une tendance cette année... Mais la programmation fait surtout la part belle au rock ! ». Loin d’être une lubie personnelle, il rappelle que le festival a toujours tenu à « confirmer le dynamisme de la scène musicale actuelle au niveau local, national et international ». Et que ces virages correspondent aux « évolutions et soubresauts de la création contemporaine ». L’avenir est donc à espérer du côté des guitares ? « Oui, mais souvent sous des formes punk ou bruitistes. Mais aussi… à travers des approches plus pop, légères et mélodiques. » Avec une quête encore plus accrue de l’unicité... C’est d’ailleurs pour ça que beaucoup de formations intègrent davantage de « sons plus électroniques avec l’usage de machines ou de synthétiseurs ».
Exit donc l’art puriste. En écho à la culture internet (soit l’abolition des influences géographiques et via une nouvelle génération sachant s‘affranchir des codes), l’hybridation vient en renfort du rock, éternelle musique populaire et politique de marge… Et quoi qu’en dise les chiffres du streaming, il semble s’être ragaillardi de ses nouveaux ingrédients.
BLANCO TETA (Argentine)
1re en France pour ce quatuor de Buenos Aires… et d’avant-garde. Ou comment 3 femmes/1 homme, des paroles politiques (sur le transféminisme notamment), les attaques éclair du punk et le contraste étonnant d’un violoncelle viennent en renfort du mouvement riot grrl. Aussi expérimental qu’unique.
CHALK SAM (Irlande)
Faut-il connaître Belfast pour comprendre le trio ? Pas nécessairement : l’énergie reste universelle... Mais cela permet assurément de comprendre la cohabitation de ses ingrédients : du chant parlé/crié, de la gratte sous décibels et… de la rythmique techno pour marquer le pas. Le dénominateur commun de la sueur ?
GWENIFER RAYMOND (Pays de Galles)
Amoureuse du punk, puis du grunge et enfin du country blues ? Rien de plus normal pour qui en a compris le lien : assumer simplement la noirceur de son quotidien. En exhumant les arpèges de l’american primitive, la guitariste instrumentale ne fait donc pas que ressusciter une émotion : elle perpétue une tradition.
HANRY (France)
Deux entités rennaises se cachent sous cette appellation contrôlée (et jouant tous deux aux Trans cette année) : Championne, musicienne cold-wave aperçue dans Cavale Blanche (formé avec des membres de Gwendoline) se produisant avec d’autres révélations des Trans (Her, Wonderboy, Bye Bye Panke, Batam Lyons…) ; et donc Hanry, sextet post-rock féminin et instrumental, capable autant de bourrasques que d’accalmies.
HEAVENPHETAMINE (Japon)
Si le duo habite désormais la Géorgie, c’est pour mieux mettre sous chaudron sa fusion à froid entre psyché, post-punk et krautrock (n‘empêchant pas quelques expérimentations jazz ou techno). Et, preuve de leur engagement, l’intégralité de l’argent récolté en concert est reversée à l’aide aux victimes de la guerre en Ukraine.
THE SILVER LINES (Angleterre)
1re française pour le quatuor de Birmingham (Black Sabbath, Judas Priest…), également fratrie (coucou Oasis, Radiohead…). C’est dire s’il a à cœur de poursuivre l’héritage de ses aînés. Et c’est non sans une certaine arrogance, que celui-ci s’amuse donc à faire culbuter le hip-hop avec le punk et la funk.
UCHE YARA VEN (Autriche / Nigéria)
Première française également pour la chanteuse-guitariste autrichienne, basée à Berlin et d’origine nigériane. Et une ascension fulgurante : de la salle de classe à la première partie de The Rolling Stones en 2022. Excusez du peu. La force du streaming y est pour quelque chose. Celle de sa musique positive et profonde aussi.
EN CHIFFRES
- 5 jours
- 18 lieux (dont 14 dédiés aux concerts)
- Près de 80 groupes
- Plus de 35 pays/territoires représentés
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