Publié par Rolling Stone magazine

Marine Picard : « L’ADN des Trans Musicales, c’est Rennes »

Deviner quels seront les artistes de demain ? Une mission que le festival pratique à l’année, à commencer par son échelon locale... Exemple avec Marine Picard, chargée de production et d’accompagnement artistique.


En quoi consiste votre mission ?
À soutenir 4 à 6 projets rennais par an et en phase de développement, via un dispositif créé sur-mesure qui ne cesse de s’améliorer depuis sa mise en place en 2002. L’objectif – via des ateliers, des ressources ou encore des conseils – est de consolider l’assise de ces groupes ou artistes selon leurs attentes : amélioration du live, structuration professionnelle, communication autour de la sortie d’un album, mise à disposition d’une salle… Le tout, avec l’aide de regards extérieurs qui facilitent par exemple l’inscription à la Sacem ou proposent des formations sur les violences et harcèlement sexistes et sexuels.

Comme s’échelonne cette aide sur le calendrier ?
Il y a un repérage effectué toute l’année dans les salles rennaises. On rencontre ensuite les projets pressentis en mai pour leur proposer notre aide. L’été, nous procédons à un diagnostic commun sur les besoins. Puis, en septembre, on démarre l’accompagnement avec notamment une tournée dans des salles partenaires en novembre et une restitution lors du festival. Enfin vient en février l’heure du bilan (même si nous restons en soutien ensuite).

Pourquoi se donner cette ambition ?
L’ADN des Trans, ça reste Rennes... Le festival a participé à la notoriété de la ville. Il est légitime que nous favorisions en retour son rayonnement via un accompagnement. En plus d’enrichir évidemment notre programmation, nous voulons donc être un facilitateur dans les mises en relation… Cette année, cet accompagnement concerne Kat White, Mac&Wester, Mansion’s Cellar et Mégadisq.

Les besoins des artistes ont-ils évolué ces dernières années ?
C’est tout d’abord la temporalité de notre accompagnement qui s’est élargie depuis la création du dispositif. Ensuite, nous posons sans doute plus de questions aux artistes, que nous ne le faisions autrefois... Nous avons d’ailleurs une intervenante en science social qui interroge les sens et cohérences, afin de rendre les projets plus lisibles, mais aussi pour se préparer aux interviews.

Quelle scène locale est la plus demandeuse ?
Une majorité fait du pop-rock, preuve que le genre est encore beaucoup plus pratiqué que l’on ne pense (mais aussi que c’est un style plus habitué et moins méfiants de ce type de dispositif !). Qu’importe pourtant les étiquettes, ce qui nous intéresse c’est la singularité du propos. Bikini Machine, GaBlé, Juveniles, Her ou Atoem, que nous avons accompagné, en sont la preuve.


FOCUS : Mac&Wester
« Ce sont deux sortes de marsupilamis qui déboulent sur scène. Il y a un côté direct qui me plait avec un électro-house qui va à l’essentiel... Hyper humain, malgré l’anonymat et les machines ! On leur a notamment faire retravailler les lumières, car ils avaient tendance à s’attaquer aux yeux du public avant leurs oreilles. »