Publié par Rolling Stone magazine

POGO CAR CRASH CONTROL : en voiture, Simon !

Rencontre avec le guitariste de la formation rock francilienne, Simon Péchinot, à l’occasion de la sortie de leur 3e album qui délaisse (momentanément ?) le garage des débuts pour les routes californiennes.


Qu’avez-vous gardé des premiers essais réalisés pendant le confinement ?
Contrairement aux albums précédents, il s’agissait surtout d’ébauches plutôt que de maquettes pré-produites... D’autant que nous avons continué à composer pendant la reprise de la tournée. C’était d’ailleurs super d’avoir eu le set – joué le week-end – dans le rétroviseur, pendant la phase de studio en semaine... Cela permettait de faire évoluer ces embryons en les imaginant s’intégrer dans un tout ! Et puis cette nouvelle façon de procéder (prendre le temps de finaliser en studio), ça nous a libéré : on a essayé d’être moins démonstratifs, de poser surtout comme base les rythmiques, de rajouter parfois des guitares acoustiques…

C’est donc la recherche d’un son qui a d’abord primé ?
Même si nous n’avons pas réellement pu le défendre sur scène, la pression du “2e album“ n’était plus là... Pendant les deux mois en studio, je n’ai joué par exemple sur aucune de mes guitares, utilisé 4 amplis différents, différentes implantations de micro pour la batterie… Avec pour seule limite à ce tunnel, la deadline de rendu. Avec le recul, ça nous a permis d’ouvrir davantage, de mieux respecter le spectre de fréquence…

Que vous manquait-il de ces tournées ?
Ma sieste à l’hôtel… (rires) Non, vraiment ! Oui, une tournée, c’est beaucoup d’attente… Mais j’aime précisément ce moment juste avant de monter sur scène, où nous nous focalisons sur le set à venir... Cette concentration nécessaire pour canaliser l’énergie. Être posés. Tranquilles. Avec le moteur qui commence à s’allumer lentement et sûrement, pour ne pas redescendre. C’est ce pas en arrière pour mieux prendre l’élan avant la course. Cette respiration avant l’explosion. Le « calme avant la tempête »…

Et puis cette pochette… Elle a une histoire !
Tout à fait. En plus de la réalisation de tatouage, je me suis mis à la peinture à huile… Je faisais un Caravage très classique, avec une palette très réduite quand est venu collectivement l’idée : pourquoi ne pas réaliser moi-même la pochette ? C’était ma 1re création et, en plus, on a un objet physique, concret, palpable à la fin… C’était surtout l’occasion de définir visuellement pour la 1re fois ce “Pogo Car Crash Control“ (nous ne l’avions jamais fait), d’exprimer ce sentiment que nous aimerions que le public ressente en écoutant nos albums.

Toute une symbolique…
Oui, car je crois que le plus joli dans l’histoire, c’est que j’ai entamé cette peinture juste avant l’entrée en studio et l’ai clôturé quasi à sa conclusion. C’est une peinture à l’huile : l’image ne se révèle pas tout de suite… Il y a un processus lent, patient, sans prédire le résultat final malgré l’intention initiale. Comme l’enregistrement : on retouche, on peaufine… On prend le temps de laisser agir l’instinct et les habitudes techniques, de faire confiance à l’inspiration et de se laisser porter par l’interprétation qui évolue chaque jour... Qu’y a-t-il de plus métaphorique ?