Publié par plu-G

Musicien, producteur, DJ et animateur radio de l’émission parisienne « Le Zebramix », l’animal vient récemment d’être auréolé « Roi incontesté des bootlegs » en France. Si le genre n’est pas nouveau, il envahit Internet et les soirées hypes de nos amis anglais et américains. Ici, c’est DJ Zebra qui joue l’incruste chez Ardisson ou Taratata…


On peut lire sur ton site que « Zebra » vient bêtement de l’animal. Tu as honte de la référence à Starsky & Hutch ?
Non. Bien que j’aime cette comparaison, ça vient surtout d’un surnom que je tais... C’est ma prof de philo qui me l’a donné. (rires) Le livre d’Alexandre Jardin parle d’un être versatile et schizophrène. J’ai donc gardé ce pseudo pour marquer mon côté touche-à-tout. Mais Nagui vient de me griller… Le salaud a balancé mon vrai nom à l’antenne... (Ndla : Antoine)

Rappelez-nous d’où proviennent les bootlegs…
En fait, un bootleg, ça veut dire « production pirate ». Ce n’est pas un style, mais un remix officieux mélangeant la voix d’un artiste avec la musique d’un autre (exemple : Noir Désir Vs Aretha Franklin).  Ca vient des DJs anglais en 98 qui jouaient leur propre version des tubes pop. Si Maars et leur « Pump up the Volume » est le premier bootleg de l'Histoire, le morceau n'a pas lancé le mouvement. En France, les pionniers seront Loo & Placido et Rubin Steiner dès la fin des 90's. Le groupe 2 Many Djs a ensuite ensuite médiatisé cet élan. Désormais, on parle de « Mash up » ou de « Bastard pop ».

Comment passe-t-on de Billy Ze Kick à DJ Zebra ?
Facile ! A l’époque, nous utilisions déjà un sampler avec des extraits non déclarés. Etant influencés par le groupe De La Soul, on ne faisait pas d’emprunts dans la musique des 70’s, mais dans la culture rock… Tout s’explique ! Et puis comme c’est le bordel niveau Droits, je mets les morceaux en téléchargement gratuit sur Internet. Je suis le dernier artiste alternatif ! (rires)

Une tournée, des duos… Ca fait très « rock-star », non ?
« Rock-Star des platines », ça me plait bien, comme FatBoy Slim ou Chemical Brothers. D’où les cabrioles sur scène... (rires) C’est vrai que comme j’avais besoin d’a capella pour réaliser les remix, j’ai appelé directement les artistes. Du coup, Cali m’a proposé de jouer avec lui au festival Solidays. Puis j’ai enchaîné avec le chanteur de Dionysos et même avec les Louise Attaque au complet à Bercy. En France, c’est facile. Le pays est petit et on se connaît tous. Et puis, n’oublions pas que je suis musicien à la base…

Avec cette nouvelle notoriété, à vous les soirées tendances…
Carrément ! J’ai toujours quelques plans Jet Set dans ce genre… C’est un milieu qui fait la mode, donc je ne peux pas l’ignorer. Loo & Placido ont médiatisé le mouvement sur NRJ. Des agences de pub m’appellent. Même les magasins Zara me diffusent ! Et puis, c’est drôle. Ca permet de diffuser du Diam’s sur Ouï FM... Dernièrement, je devais faire un remix avec Indochine ou un album avec le label Atmosphériques. On y travaille très sérieusement, mais c'est compliqué au niveau des Droits... Pour l’album, nous n’avons pour l'instant que deux autorisations sur 12 remix. Argl.

Et les grands festivals ?

Les Vieilles Charrues et les Eurockéennes ont été intéressés pendant 2 ans. Mais ils s’imaginent qu’avec un album en poche, ils vendront mieux l’affiche ! Ca parait donc compromis pour le moment, sauf peut-être pour clôturer une soirée... En attendant, nous allons monter le nôtre vers le mois de mai, à la suite de ma tournée. Je tiens absolument à ce qu’il y existe une rencontre entre San Francisco, Londres et Paris. Ca permettra peut-être aussi aux forums étrangers de ne plus m’ignorer… (rires)


 

> Playlist
DJ MOULE "Money for the queen" (Dire straits vs. Sex Pistols vs. Simian)
ELECTROSOUND "Starlight trick" (Kelis vs. Muse)
DIVIDE & KREATE "Always with you" (Willie Nelson vs. U2)
LOO & PLACIDO "Toop toop groove" (Madonna vs. Cassius)
PARTY BEN "Ooh la la summer nights" (Grease vs. Wiseguys)
DJ ZEBRA "New York avec Cure" (Telephone vs. The Cure)

(photo : Cédric Rivet)