Publié par Longueur d'Ondes


C'était du 22 au 24 août 2014 à Saint-Cloud (92).
Une édition un peu sage.

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CADRE : au cœur du parc de Saint-Cloud, domaine dessiné par Le Nôtre. Il s’agit du premier jardin à avoir été classé monument historique en 1994. 460 hectares de verdure, en bord de Seine, avec jardins, forêt, bassins, cascades et statues.

MÉTÉO : il n’y a pas qu’en Bretagne que la pluie peut jouer les invités surprise (permettant, quoi que l’on en dise, d’en finir avec les envolées de terre du site).

CARTE D'IDENTITÉ : lors de sa première édition, le 27 août 2003, le festival contient deux scènes et dix groupes. Aujourd’hui, l’événement s’étale sur trois jours, se découpe en quatre scènes (avec près de 70 groupes) et avoisine autour des 110 000 festivaliers.

LA PETITE HISTOIRE : « Paris vaut bien sa messe rock » aurait dit François Missonnier (ex-Nulle Part Ailleurs), l’un de ses fondateurs.

LES PLUS : l’incroyable cohérence du projet qui sait judicieusement exploiter les multiples formes d’expression liées au rock. Ainsi, c’est surtout dans ses marges que le festival se révèle le plus intéressant : bibliothèque thématique, show cases de groupes amateurs, expositions photo et de graphisme, projection de court métrages, garderie pour les enfants, large choix de restauration et des marques qui jouent le jeu (jeux concours, animations décalées…).

LES MOINS : un public mou et attentiste, peu effrayés par le prix des bières. Le plus souvent trop apprêtés pour un festival rock. Vient-on pour voir ou pour s’y faire voir ? La question se pose.
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LES CONFIRMATIONS : The Hives et leur éternel show recyclé chaque année, mais toujours aussi drôle et efficace en guide de madeleine de Proust rock ; Queens of the Stone Age, d’un charisme incroyable malgré la relative absence de pogo ; Selah Sue, dont l’énergie fut un coup de fouet profitable.

LE GRAND MOMENT : Portishead, malgré la reprise d’un show copié-collé de leur prestation aux Vieilles Charrues en 2012. Seule différence : exit leur provocation iconographique assimilant Nicolas Sarkozy à Marine Le Pen (élections présidentielles, oblige), bonjour le clin d’œil aux revendications des intermittents... Le reste fut un set incroyable, mené froidement et avec l’intensité vocale désarmante des premiers jours.

ON NE SAIT PAS QUOI EN PENSER : The Prodigy. On voudrait à la fois saluer l’effort de types aux visages marqués par les années et les abus en rave party. Et d’un autre côté, on se dit que ce grand charivari saturé – et dont le set souffre de l’apport plus dance des derniers disques – mériterait d’être plus condensé. Ne serait-ce que pources deux inquiétants chanteurs qui n’ont qu’une phrase répétitive par morceau.

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LES DECEPTIONS : Arctic Monkeys qui – comme sur les autres dates de la tournée – ronronnent plus qu’ils ne grognent ; la reformation molle de Blondie, peinant à restituer une énergie ayant disparu avec les mèches blondes de sa chanteuse ; la présence hors sol et hébétée de Lana Del Ray (s’est-elle rendue compte qu’elle faisait un concert ?).

LES REVELATIONS : vrai-faux tremplin, les Avant Seine sont toujours à surveiller de près, tant le niveau est haut. Cette année : ALB, Dorian Pimpernel, Feu! Chatterton, Jessica93, PEGASE et Petit Fantôme.
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LE MOMENT ATYPIQUE : Emilie Simon qui, jouant avec l’orchestre national d’Île-de-France, a su s’éloigner de la dimension variétés entraperçue au Printemps de Bourges. Loin de plomber l’ambiance avec un dispositif lourd, la belle fée électro était au contraire d’une incroyable légèreté.

EN MARGE : le village du disque, nouveauté de cette année. Au programme : vente de vinyles (Fargo, Bad Records…), des conférences avec des labels (Believe, Kitsuné, Beggars…), des dédicaces et rencontres artistes (Blood Red Shoes, Wax Taylor…). A poursuivre.


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(photos : Patrick Auffret)