Publié par Longueur d'Ondes

 
Reportée en raison des mouvements sociaux d’octobre 2011 à Mayotte, la finale de la 3e édition du Prix Océan Indien s’est déroulée, le 16 décembre dernier, à la salle de concert Le Kabardock de l’île de La Réunion. Le magazine Longueur d’Ondes était sur place pour rendre compte de la victoire de l’artiste Bo Houss, jeune mahorais de 25 ans issu des musiques urbaines. Retour sur un Prix injustement mésestimé, mais ô combien essentiel.

La naissance du Prix Musiques de l’Océan indien date de fin 2004. La volonté initiale ? Révéler les artistes de ce secteur géographique en favorisant la diffusion de leurs œuvres et en apportant une aide au développement à l’international des lauréats. Mais la création du Prix se voulait également répondre à une segmentation des zones : Mayotte et La Réunion pour RFO, l’Afrique et Madagascar pour RFI... L’idée est donc de mutualiser les moyens et les supports, mais également renseigner sur les droits ainsi que la protection des artistes et de leurs œuvres.


Ainsi, le Prix prend en compte 7 îles : Les Comores, La Réunion, Madagascar, Maurice, Mayotte, Rodrigues et Les Seychelles. Sa périodicité ? Organisée selon une biennale : une année le Prix, la suivante le développement des lauréats. 2007, première finale à Madagascar : Maalesh (Comores) remporte le tremplin. 2009, deuxième édition également à Madagascar, dans le cadre du Festival Angaredona : Mami Bastah (Madagascar) en sort vainqueur.

Octobre 2011, les différents mouvements sociaux qui secouent Mayotte font annulés la tenue du Prix Musiques de l’Océan indien lors du festival Milatsika à Chiconi. Reporté le mois suivant, il est organisé à la sale des musiques actuelles du Karbardock au Port (La Réunion). A cette issue, c’est Bo Houss (Mayotte) – que nous vous présenterons plus longuement dans un prochain numéro – qui s’illustre face à la guitare world de Teta (Madagascar) et au reggae Kom Zot (La Réunion). Mélangeant rock, r’n’b, hip-hop et chant mahorais, l’artiste et ses cinq musiciens ont su électrisé la soirée par leur polyvalence.


Que gagne-t-il ? Un dvd promotionnel contenant la captation de la soirée, une semaine de résidence-coaching scénique et sa programmation dans les festivals partenaires (Musiques Métisses d’Angoulême, Festival Les Suds, Babel Med Music de Marseille, Festival en Othe…), les voyages et visas étant pris en charge. Enfin, un titre du répertoire du finaliste est inclus dans la compilation 2011 de l’Organisation internationale de la francophonie.

Mais si Bo Houss a été sélectionné par le jury sur des uniques critères artistiques et scéniques, on ne peut toutefois s’empêcher d’en souligner la portée symbolique. Car des soulèvements de Mayotte, on retient surtout celle de sa jeunesse, dans un pays constitué en véritable orphelinat à ciel ouvert. Cette île, à la recherche de sa voix, trouve écho dans cette nomination et les textes de l’artiste. C’est un peuple, une jeunesse, qui se bat pour son avenir et s’illustre ici par ces chroniques du quotidien, incontestable pont entre la tradition (chant mahorais) et la modernité (musiques urbaines). Preuve, une fois encore, de la nécessité de vecteurs de valorisation comme le Prix Musiques de l’Océan indien.




> Bo Houss (musiques urbaines)
> Teta (world)
> Kom Zot (reggae)