LES HEROS DU PEUPLE SONT IMMORTELS – La cavale de Gilles Bertin (Stéphane Oiry) Dargaud
Loin des biopics habituels, la BD s’intéresse (enfin) de plus en plus aux oubliés. Et ici, en l’occurrence, celui d’un des acteurs du punk français... Preuve que le genre musical a désormais valeur patrimoniale et que le dessin peut venir compléter des archives manquantes ou peu disponibles. Quand le geste ne raconte pas, le plus souvent, l’épiphanie musicale de son auteur (ancien batteur punk dans des groupes strasbourgeois). Et une passion restée inchangée.
Le titre de l’album est à cette image, tiré d’un fanzine culte. Son sujet ? Un secret peu partagé : celui du braquage à Toulouse de la Brink’s par le chanteur du groupe bordelais Camera Silens. Des punks chahuteurs à la musique rêche et raclée, contemporains des Strychnine, Stilettos ou futurs Noir Dèz’ avec qui ils croisent le fer dans un tremplin en 82.
Jusqu’à l’exil post-méfait. 12 millions de francs sous le bras, une fausse identité, un magasin de disques ouvert à Lisbonne dans les 90s et un retour en France en 2014, se rendant aux autorités pour espérer croiser son fils, abandonné dans la fuite. Le Sida le rattrape hélas 5 ans plus tard.
Un sujet incroyable pour ce dessinateur de presse (Le Monde, L’Obs, L’Express…) qui axe son récit sur les mémoires du repenti, non sans une certaine empathie. Voire une grande minutie, reproduisant t-shirts, pochettes, enseignes… Jusqu’à même l’emploi du “tu“ et du “je“. De quoi surtout redonner de la/des valeurs à cette vie.
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