ROCK’N’ROLL SUICIDE (Louise Laborie) Sarbacane
Le pitch ? Lionel, chanteur rabâché de Sinatra, épuisé par sa vie photocopiée au Ballroom, salle de concert de son bourg de bord de mer. Une vie en pointillé pour cette star des – seulement – lundis soir. Et un rituel sans cesse répété : la scène, le micro, l’auditoire et l’éternel répertoire… Jusqu’au trop et à broyer du noir. Avoir la nausée et l’envie d’interrompre le cycle en disparaissant avec la marée.
Or, Lionel prévoit – pour sa dernière fois – de chanter ses chansons. Les siennes. Rien que ça... Écrites en secret et dans la frustration. Oui : sauf que l’une de ses partitions va se retrouver – sans son accord – dans les mains d’un jeune groupe de rock qui va en faire un succès.
Le récit, patient, interroge ainsi plusieurs éléments : l’amateurisme ; les postures ; la Province notamment ; la reconnaissance personnelle et possibilité d’exister à travers l’œuvre d’un autre [qu’elle soit reprise ou plagiat]. La conquête de soi, aussi, au service d’une ligne claire, simple, mais expressive. Et un sens du rythme qui, en plus de rappeler que le rock existe surtout dans les marges [voire parfois est issu de la médiocrité], explique en particulier le fait que cette BD fut Prix Elvis d’Or 2026.
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